La victoire de l’alliance des droites en Suède

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Ce mercredi 14 septembre signe la victoire historique de l’alliance des droites aux élections législatives de Suède. Porté par la percée fulgurante du parti des Démocrates de Suède, le bloc de l’alliance des droites a obtenu une majorité de 176 sièges au parlement suédois contre 173 sièges pour le bloc de gauche. 

Après 8 ans à la tête du pays, cette défaite de quelques sièges pour le bloc de gauche et les sociaux-démocrates s’explique par la montée du vote anti-immigration. 
 
L’alliance des droites est une coalition hétéroclite qui comprend le parti libéral (16 sièges), le parti des Modérés (68 sièges), le parti chrétien-démocrate (19 sièges) et les démocrates de Suède (73 sièges). Face à cette alliance inédite, le bloc de gauche est composé du parti social-démocrate (premier parti suédois avec 107 sièges), du parti écologiste (18 sièges), du parti du Centre (24 sièges) et du parti de gauche (24 sièges). 
 
C’est donc avec une majorité encore fragile que s’est constituée l’alliance des droites.
 
De plus, si dans l’alliance des droites le parti des démocrates de Suède a obtenu le plus de sièges, c’est à Ulf Kristersson (chef du parti des modérés) que va revenir le poste de Premier ministre. Cette décision s’explique par la capacité du conservateur à obtenir le consensus entre les différentes formations de droite.  
 
En effet, bien que cette alliance soit victorieuse, les fondations sont à fortifier dans le cadre de la création d’un gouvernement d’entente où nombre de thématiques sont encore sujets de discorde (politique pénale, allocations chômages…). En cela, Ulf Kristersson a rappelé sa volonté de « former un gouvernement efficace » ainsi que de « remettre de l’ordre en Suède » posant alors la question du rôle futur des démocrates de Suède oscillant entre une position de soutien ou d’entrée au gouvernement.
 
La formation de ce nouveau gouvernement prendra nécessairement du temps. html »>Elle sera le fruit de longues négociations notamment avec le parti libéral, proche du bloc de gauche et moins enclin à travailler avec le parti des démocrates de Suède. 
 
Créés en 1988 et longtemps désignés comme infréquentables pour leur héritage néonazi, les démocrates de Suède ont su devenir dans les années 2000 un parti politique de plus en plus respectable, faisant leur première entrée au parlement Suédois en 2010. Par la suite, l’immigration massive et l’insécurité grandissante, ont permis à ce parti de devenir le canal d’expression des inquiétudes suédoises. 

En effet, selon la fondation fondapol en 2018 « ces vingt dernières années, la Suède a vu la part de sa population non occidentale passer de 2% à 15 % de la population totale, soit une progression sans précédent dans l’histoire de ce pays » cette augmentation de l’immigration inquiète dans cette petite société de 10 320 475 habitants où la violence explose avec un record européen de 335 fusillades pour 46 morts et 112 blessés en 2021. La première ministre suédoise Magdalena Andersson (sociale-démocrate) a même exprimé en 2022 « L’intégration a été trop faible tandis que nous avons connu dans le même temps une immigration massive ».
 
Face à ces problématiques, le parti des démocrates de Suède a su développer son rôle de pivot politique auquel il aspirait et promet, selon son chef Immie Akesson, de devenir « une force constructive et d’initiative ».  
 
En outre, ce succès de l’alliance des droites en Suède s’inscrit dans un mouvement général de consensus entre les droites au sein des régimes parlementaires européens, comme en Italie pour les législatives avec l’alliance de Fratelli D’Italia, La Ligue et Forza Italia, ou encore en Espagne avec une alliance au niveau régional entre VOX et le Parti populaire. (les échos) 
 
Précédant les dynamiques suédoises et européennes, le Danemark a adopté une loi en 2021 qui prévoit d’envoyer les demandeurs d’asile dans des centres d’accueil en dehors de l’Union Européenne. Ce texte rentre dans le cadre d’un objectif « zéro demandeur d’asile » que se fixe la sociale-démocrate Mette Frederiksen pour lutter contre « l’immigration dérégulée qui menace les fondements de l’Etat-providence ». En cela, le Danemark s’inscrit dans la lignée des idées défendues par les différentes alliances des droites au sein des régimes parlementaires européens. (Les echos)
 
Ainsi, c’est un vent nouveau qui souffle sur la Suède dont les échéances prochaines à savoir la lutte contre l’inflation, la finalisation de sa candidature à l’OTAN et sa présidence de l’Union Européenne en 2023, mettront à rude épreuve ses capacités de cohésion nationale. 

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