Sanctions contre la Russie : la Slovaquie menace de bloquer l’UE

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À la veille du sommet du G7 et alors que Bruxelles tente de faire adopter son 18e paquet de sanctions contre la Russie, la Slovaquie hausse le ton.

Le Premier ministre Robert Fico a averti mardi qu’il opposerait son veto à toute nouvelle mesure si la Commission européenne ne proposait pas de solution crédible à la crise énergétique imminente à laquelle son pays est confronté. Une déclaration qui met une nouvelle fois en lumière les fractures internes de l’Union européenne face au conflit en Ukraine.

Très dépendante des importations russes de gaz, de pétrole et d’énergie nucléaire, la Slovaquie voit d’un très mauvais œil la volonté de couper tous les canaux d’approvisionnement en provenance de Moscou. La fin annoncée du transit gazier via l’Ukraine, combinée à l’absence d’infrastructures alternatives rapides, menace directement la stabilité énergétique du pays. Pour Bratislava, il ne s’agit plus d’un débat géopolitique abstrait, mais d’une urgence nationale.

« La République slovaque ne va pas soutenir ce 18e paquet si Bruxelles ne fournit pas de réponse réelle à notre situation », a déclaré Fico dans un message posté sur Facebook. La semaine dernière, le Parlement slovaque avait déjà adopté une résolution appelant le gouvernement à s’opposer à toute sanction susceptible de porter atteinte à l’économie nationale. Une prise de position ferme, mais qui marque aussi un tournant : jusqu’ici, la Slovaquie avait systématiquement validé toutes les mesures européennes à l’encontre de Moscou, contrairement à la Hongrie.

Robert Fico, revenu au pouvoir en 2023, affiche depuis son élection une ligne souverainiste et réaliste. Il ne cache pas ses doutes sur l’efficacité des sanctions contre la Russie, estimant qu’elles frappent plus durement les économies européennes que le Kremlin. Face à la pression idéologique de Bruxelles, il entend désormais défendre les intérêts slovaques avant tout. Cette posture, partagée par une frange croissante de dirigeants européens, reflète un ras-le-bol des politiques de confrontation à tout prix.

La menace de blocage slovaque pourrait contraindre l’Union européenne à revoir ses ambitions à la baisse. Car tout nouveau paquet de sanctions requiert l’unanimité des États membres. Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et d’exaspération populaire, de plus en plus de voix s’élèvent en Europe centrale pour dénoncer l’alignement automatique sur les États-Unis, au détriment des réalités nationales. La Slovaquie pourrait bien devenir le grain de sable qui enraye la machine bruxelloise.

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