À quelques jours du sommet du G7 au Canada, l’Union européenne a dévoilé un 18e paquet de sanctions contre la Russie. Un geste fort de Bruxelles, mais qui révèle aussi les dissensions croissantes entre les alliés occidentaux.
Alors que la Commission européenne pousse pour un abaissement du plafond du pétrole russe à 45 dollars le baril, Donald Trump se montre bien plus réservé, préférant une approche plus pragmatique que punitive.
Ce nouveau train de sanctions touche à des secteurs clés : énergie, finances, commerce maritime et technologie duale. L’UE s’attaque notamment à ce qu’elle appelle la « flotte fantôme » russe, accuse Moscou de contournement, et promet de bloquer tout soutien indirect aux activités russes via des pays tiers. Mais cette frénésie de sanctions révèle surtout un aveuglement stratégique de la part de Bruxelles : loin de plier sous la pression, l’économie russe a réorganisé ses circuits, renforcé ses partenariats asiatiques et survit, voire prospère, malgré les embargos occidentaux.
De son côté, Donald Trump s’interroge. S’il critique la lenteur de Moscou dans les négociations, il refuse de céder à la logique de l’escalade économique systématique. Le président américain, qui a toujours défendu une diplomatie directe, privilégie un canal de discussion permanent avec Vladimir Poutine. « Je dois l’examiner », a-t-il sobrement déclaré à propos du projet de loi du sénateur Graham, qui prévoit des sanctions draconiennes contre les acheteurs de pétrole russe. Une prudence qui tranche avec l’activisme européen.
Les tensions sont palpables au sein du bloc occidental. La Hongrie et la Slovaquie dénoncent l’impact des sanctions sur leurs économies, et la voix de plus en plus audible de ces pays montre que l’unanimité des 27 est loin d’être acquise. Le risque est grand de voir Bruxelles s’enfermer dans une logique de sanctions inefficaces qui, à défaut de faire plier Moscou, affaiblissent l’industrie européenne et fracturent l’unité du continent.
Dans ce contexte, le sommet du G7 s’annonce tendu. L’Europe pousse pour un alignement, mais les États-Unis, sous Trump, pourraient refuser d’avaliser une stratégie qu’ils jugent contre-productive. En dévoilant unilatéralement ce 18e paquet, Ursula von der Leyen semble vouloir forcer la main à la Maison-Blanche. Mais c’est peut-être un pari risqué face à un président américain qui, plus que jamais, veut replacer la realpolitik au cœur des relations internationales.





