Plainte de Barbara Butch : pourquoi OMERTA est serein

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Après l’interruption de son concert à Grenoble par des militants propalestiniens liés à La France insoumise, la DJ Barbara Butch annonce porter plainte contre LFI… mais aussi contre OMERTA, coupable de l’avoir critiquée dans son dernier numéro. Notre directeur de la rédaction, Régis Le Sommier, s’en est expliqué sur notre antenne puis sur le plateau de CNews. En tant que président d’OMERTA, je tiens à mon tour à dire pourquoi cette plainte ne nous fera pas dévier d’un pouce.

C’est une plainte pour le moins singulière. Samedi dernier, le concert de Barbara Butch à Grenoble était interrompu par des militants propalestiniens proches de La France insoumise. « C’était d’une violence inouïe, et je ne souhaite à personne, même pas à mon pire ennemi, de vivre ce que j’ai vécu », a confié la DJ, disant avoir ressenti « comme des coups de poing au niveau du plexus solaire », au point de consulter un cardiologue. Son avocate a précisé la suite : « Nous déposerons plainte pour provocation à la haine contre le parti de La France insoumise », les sections locales n’ayant pas « la responsabilité juridique des actes commis au nom du parti ». Jusque-là, rien que de très compréhensible.

Mais la même plainte vise également OMERTA. Notre tort ? Une couverture et une enquête, signée Julie Perron, consacrées à ce que nous qualifions d’« Occident dégénéré » – du wokisme à l’antifascisme de salon, en passant par ce progressisme qui ne s’interdit plus rien –, dans lesquelles figurait la prestation de Barbara Butch lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.

Critiquer n’est pas interdire

Rappelons les faits, puisqu’il le faut. « À aucun moment OMERTA ne demande d’interdire Barbara Butch. À aucun moment nous ne nous associons à ces militants. Ce numéro est d’ailleurs paru bien avant le concert de Grenoble, et nous n’avons jamais demandé qu’elle soit exclue de quoi que ce soit », a rappelé Régis Le Sommier. Je le confirme et je l’assume : OMERTA n’a appelé ni au boycott, ni à la censure, ni à l’annulation. Nous avons critiqué, sur la base de faits, une artiste qui s’est elle-même dite favorable à « toute forme d’expression ». Une artiste libre de se produire – comme devrait l’être le chanteur franco-israélien Amir, dont le concert marseillais vient d’être annulé pour « raisons de sécurité », ce qu’OMERTA dénonce avec la même constance.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de la place qu’a tenue Barbara Butch dans la parodie de la Cène, le dernier repas du Christ, lors d’une cérémonie vue par un milliard de personnes. Deux ans après, on en parle encore à Régis Le Sommier dans chacun de ses reportages, d’Afrique au Moyen-Orient ; dix-neuf pays avaient d’ailleurs coupé la retransmission de cette séquence, ainsi que celle de la décapitation de Marie-Antoinette. Des Jeux olympiques, on retient d’ordinaire les médailles et les exploits ; de ceux de Paris, pourtant magnifiques sur le plan sportif, le monde retient une cérémonie. Le dire n’est pas un « thème d’extrême droite » : c’est un constat.

Quant au soupçon d’antisémitisme que l’on voudrait accoler à notre critique pour la ranger dans le même sac que les agissements visés chez LFI : « Je ne savais même pas qu’elle était juive », a balayé notre directeur de la rédaction. Tout est dit.

OMERTA n°13

Une ficelle un peu grosse

Pourquoi, alors, cette plainte ? Sur le plateau de CNews, Me Gilles-William Goldnadel, avocat d’OMERTA, a livré son analyse : « La ficelle est très grosse. Les avocates de Barbara Butch n’ont pas voulu s’en prendre seulement à La France insoumise ; pour se faire pardonner cette sévérité, il fallait également » viser un média classé à droite. Et de répondre à France Info, prompte à nous étiqueter « d’extrême droite » : « Si OMERTA est d’extrême droite, alors France Info est extrêmement d’extrême gauche. » En nous attaquant, Barbara Butch adresse en réalité un message à son propre camp : celui qui l’a nourrie, et dans lequel elle garde un pied.

L’affaire dépasse d’ailleurs son cas. Elle pose une question à toute la gauche : que fera-t-elle, au lendemain de « l’attaque antisémite de trop », face à LFI ? Le député socialiste Philippe Brun a eu, lui, « le mérite de la clarté » : « S’il y avait un deuxième tour, je voterais pour Jean-Luc Mélenchon », le même que son camarade Jérôme Guedj qualifiait il y a peu d’« antisémite ». Raphaël Glucksmann promet de son côté une « rupture nette », sans jamais dire pour qui il voterait. Chacun appréciera la cohérence.

OMERTA, pour sa part, attend « très sereinement » de connaître les motifs juridiques qui seraient invoqués – si cette plainte est un jour effectivement déposée. J’en prends ici l’engagement devant nos lecteurs, nos abonnés et nos donateurs, qui font vivre ce média libre : nous continuerons à faire ce que nous avons toujours fait. Informer, enquêter, critiquer. Bec et ongles.

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