Israël : l’opposition échoue à faire tomber Netanyahou malgré les tensions sur la conscription des ultra-orthodoxes

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Le gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahou a survécu jeudi 12 juin à une tentative de dissolution du Parlement orchestrée par l’opposition. Le projet de loi présenté à la Knesset pour provoquer des élections anticipées a été rejeté à une courte majorité, 61 voix contre 53, grâce à un accord de dernière minute entre le Premier ministre et les partis ultra-orthodoxes de sa coalition.

La manœuvre de l’opposition visait à exploiter les divisions internes de la majorité sur la question explosive de la conscription militaire des juifs ultra-orthodoxes, longtemps exemptés de service. Ce privilège, mal accepté par la majorité de la population, est devenu encore plus controversé depuis le début de la guerre contre le Hamas en octobre 2023. Les partis Shass et Judaïsme unifié de la Torah, piliers religieux du gouvernement, avaient menacé de quitter la coalition, mais ont finalement obtenu des garanties de Netanyahou.

La conscription des haredim est un véritable casus belli politique en Israël. Alors que la société civile réclame l’égalité devant les obligations militaires, les partis religieux exigent la sanctuarisation de leur exemption. Un compromis a été évoqué par le député du Likoud Youri Edelstein, sans que ses détails ne soient rendus publics. Pour l’opposition, cette concession est un aveu de faiblesse et un signal que la coalition commence à se fissurer.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a défendu le maintien du gouvernement en temps de guerre comme un impératif vital. Il a néanmoins appelé les ultra-orthodoxes à faire leur part dans la défense du pays, qualifiant leur enrôlement de « besoin existentiel ». Une position qui résume la ligne de crête sur laquelle Netanyahou doit désormais marcher pour préserver son fragile équilibre parlementaire.

Le rejet de la motion impose à l’opposition un délai de six mois avant de pouvoir soumettre une nouvelle tentative de dissolution. D’ici là, la question de la conscription restera au cœur des tensions israéliennes, tant politiques que sociales. Un récent sondage indique que 85 % des juifs israéliens soutiennent une réforme de la loi, dont 41 % pour une conscription obligatoire pour tous. Ce clivage promet de peser lourd sur l’avenir du gouvernement.

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