Burundi : le parti au pouvoir rafle tous les sièges aux législatives, l’opposition crie au scandale

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Le parti CNDD-FDD, au pouvoir au Burundi depuis près de vingt ans, a remporté l’intégralité des sièges de l’Assemblée nationale lors des élections législatives du 5 juin.

La Commission électorale nationale indépendante a annoncé mercredi que le parti du président Evariste Ndayishimiye avait obtenu 96,51 % des voix, bien au-dessus du seuil de 2 % requis pour entrer au Parlement. Aucun autre parti n’a franchi cette barre, y compris l’UPRONA, arrivé en deuxième position avec seulement 1,38 %.

Cette victoire écrasante intervient dans un climat électoral lourdement contesté. Plusieurs partis d’opposition, dont le Conseil national pour la liberté (CNL), avaient été exclus du scrutin. Des accusations de fraudes massives ont émergé : votes multiples, bourrages d’urnes avec des bulletins pré-remplis, arrestations arbitraires d’observateurs et interdiction d’accès aux bureaux de vote ont été rapportés par l’opposition et des témoins anonymes. « On a tué la démocratie », a dénoncé un dirigeant de l’opposition à l’annonce des résultats.

La situation politique reste verrouillée au Burundi, malgré des signes d’ouverture affichés par Evariste Ndayishimiye depuis son arrivée au pouvoir en 2020. En réalité, le pays demeure sous la coupe d’une élite militaire issue de l’ancienne rébellion, et les ONG internationales pointent régulièrement des violations graves des droits humains. Ce nouveau scrutin, qualifié de mascarade par les opposants, confirme l’emprise sans partage du CNDD-FDD sur le pays.

Alors que des élections sénatoriales sont prévues en juillet, suivies des scrutins locaux en août, le paysage politique burundais semble totalement verrouillé. Dans ce pays classé comme le plus pauvre du monde selon la Banque mondiale, où 75 % des habitants vivent sous le seuil international de pauvreté, la démocratie semble plus que jamais reléguée au rang de fiction.

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