Géopolitique

Israël : Netanyahou (encore) de retour au pouvoir

 Durant sa vie, Benyamin Netanyahou a été Premier Ministre d’Israël quinze ans durant. La première fois, c’était entre 1996 et 1999. La deuxième, entre 2009 et 2021. La troisième fois, elle commence ce mercredi 2 novembre. Jusqu’à quand ? 

Depuis trois ans, la situation politique du pays est particulièrement changeante. Elle avait commencé à évoluer en 2019, lorsque des voix dissidentes du Likoud, le parti de Netanyahou, s’étaient fait entendre, et avaient quitté le mouvement. Depuis, cinq élections législatives anticipées ont eu lieu, face à l’incapacité de quiconque à former un nouveau gouvernement. L’un d’entre eux a néanmoins duré un an : celui de Naftali Benett. Avec une coalition réunissant huit partis différents, de l’extrême-droite aux partis musulmans, il avait pour objectif de tenir son poste deux ans, en attendant de le transmettre au chef de l’opposition de gauche, Yaïr Lapid. 

Le plan ne s’est cependant pas déroulé comme prévu. 

Majoritaire à une voix près (la Knesset, parlement israélien, compte 120 sièges), une défection survenue en avril place les deux coalitions à égalité. Le 13 juin, une autre fait perdre sa majorité au gouvernement Benett et quelques jours plus tard, c’est la fin : des élections législatives anticipées sont prévues pour fin octobre, et Yaïr Lapid sera Premier Ministre par intérim. 

 
La victoire du Likoud 

La campagne s’est déroulée sur plusieurs thèmes. Les questions économiques dans un pays qui compte près de 30 % de pauvres ont évidemment fait écho, mais la sécurité, omniprésente depuis la création d’Israël, est restée un thème décisif. D’importants bombardements de la bande de Gaza ont en effet à nouveau renforcé le sentiment identitaire juif, dont une large minorité est de plus en plus favorable à une ségrégation légale entre Juifs et Arabes. 

C’est d’ailleurs ce courant nationaliste de droite qui a emporté les élections. Le parti de Netanyahou, le Likoud, a emporté 31 sièges devant son grand rival, Yesh Atid (centre) emmené par Yaïr Lapid (24 sièges). Suit le très radical Parti sioniste religieux avec 14 sièges. 

Au total, ce sont 65 sièges que réunit Netanyahou. Une majorité plus large que la précédente au pouvoir, qui laisse la part belle à la droite sioniste, favorable au développement de la colonisation des territoires palestiniens et syrien (plateau du Golan). 

Ces élections législatives marquent également l’implosion de la Liste arabe unifiée, divisant ainsi les voix des non-Juifs entre plusieurs partis.  

Alexandre de Galzain

Soutenez un média 100% indépendant

Pour découvrir la suite, souscrivez à notre offre de pré-abonnement

Participez à l'essor d'un média 100% indépendant
Accédez à tous nos contenus sur le site, l'application mobile et la plateforme vidéo
Profitez de décryptages exclusifs, d'analyses rigoureuses et d'investigations étayées

Commentaires

Soyez le premier à ajouter un commentaire

À lire

Perpignan : Éric Naulleau parraine le premier Printemps de la liberté d’expression

Est-on encore libre de s’exprimer en France où se heurte-on à diverses formes de censure dès lors que l’on critique le wokisme ou l’islamisme ? C’est l’interrogation que formulent chacun à leur façon les invités du premier Printemps de la liberté d’expression organisé au Palais des Congrès de Perpignan du 3 au 5 mai par le Centre Méditerranéen de Littérature. Une initiative salutaire qui rassemble Michel Onfray, Henri Guaino, Jean Sévillia, Georges Fenech, Boualem Sansal ou encore Alain de Benoist.

[Éditorial] Nouvelle-Calédonie : le dégel du corps électoral s’impose

Après trois échecs référendaires, les indépendantistes kanaks, soutenus et encouragés par des puissances étrangères, tentent de s’opposer au dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Un jusqu’au boutisme qui s’oppose à la volonté de la majorité des Néo-Calédoniens, soucieux de perpétuer les liens tissés depuis 1853 dans le respect des traditions de cet archipel du Pacifique.

Jeux Olympiques : une douche froide pour les hôtels parisiens

La période des Jeux Olympiques était censée être synonyme de franc succès pour les hôtels. A 120 jours de l’événement de l’année, de nombreuses chambres restent encore inoccupées pour l’occasion. Des prix exorbitants semblent freiner les clients. Les hôtels enclenchent la marche arrière et commencent à baisser leur prix.

CETA : le point sur ce dossier après le rejet du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada par le Sénat français

Le gouvernement français est gêné aux entournures par le rejet au Sénat du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, déjà entré provisoirement en vigueur et ratifié par l’ancienne Assemblée nationale. Une initiative communiste qui risque fort de revenir en débat fin mai à l’Assemblée nationale par le biais d’une niche parlementaire.

Obus nord-coréens sur front ukrainien : le cadeau de Kim à Poutine

La grande presse l’avait évoqué, OMERTA l’a constaté, ce sont bien des obus fabriqués en Corée du Nord qui ont en partie assuré l’approvisionnement de l’artillerie russe pilonnant les troupes ukrainiennes, comme le raconte Régis Le Sommier dans le quatrième numéro de notre magazine disponible en kiosque dès le jeudi 8 février.

À Voir

Iran : retour d'expérience sur CNews de Régis Le Sommier