Politique

Congrès des maires de France : éviter la fronde

 Il y a cinq ans, c’étaient les huées qui avaient accueilli le Président de la République lors du Congrès des maires de France. Cette année devrait voir une autre musique se jouer. Autrefois considéré comme très jacobin, Emmanuel Macron aurait adouci son image auprès de certains élus, et surtout David Lisnard, étoile montante des Républicains et président de l’AMF. 


Les communes se bouclent la ceinture 

En septembre dernier, les maires exprimaient déjà leur mécontentement vis-à-vis du budget 2023, et ce, malgré la hausse exceptionnelle de 320 millions d’euros accordée par le gouvernement. En effet, nombre d’entre eux exprimaient un manque d’un milliard d’euros, notamment dû à l’inflation. Un geste du gouvernement qui porte ce budget à son plus haut niveau depuis 2013, mais toujours insuffisant. David Lisnard a ainsi rappelé que « le gouvernement a intérêt à essayer de trouver des compromis avec notre association », bien qu’heureux que « le discours de l'Élysée ait complètement changé ». Un dialogue possible, donc, bien que pas encore tout à fait acquis. 

Pas de discours du Président de la République cependant. Même si les relations entre l’exécutif et les collectivités s’est apaisé depuis quelques mois, le souvenir de son premier quinquennat, marqué par la suppression de la taxe d’habitation, n’a pas totalement disparu. Pour les maires de France, c’est là que se situe le fameux « milliard manquant ». Alors que 90% des élus se disent « inquiets » quant au budget de leur commune, le ras-le-bol pourrait bien avoir d’importantes conséquences. Selon un sondage de l’Ifop, 55% d’entre eux ne comptent d’ailleurs pas se représenter en 2026, lors des prochaines élections municipales. 

 
Un rassemblement politique 

Évidemment, ce congrès n’est pas anodin, et Emmanuel Macron compterait bien s’en servir. En effet, après son absence de majorité à l’Assemblée Nationale, le Président de la République pourrait bien profiter du millier de maires présents pour tisser quelques liens, même symboliques, avec des élus locaux. 

Chez eux, on retrouve en effet nombre d’étiquettes LR ou PS, les deux partis historiques. Or, comme les élections présidentielles de 2017 et 2022 l’ont prouvé, ces deux partis sont largement miscibles dans la majorité présidentielle. Alors que le Parti Socialiste se divise entre pro et anti-Nupes et que les LR adoptent la stratégie de « l’opposition constructive », une force d’élus pourrait bien aider la majorité, à l’intérieur des partis comme en tant que transfuges. 

Alexandre de Galzain

Soutenez un média 100% indépendant

Pour découvrir la suite, souscrivez à notre offre de pré-abonnement

Participez à l'essor d'un média 100% indépendant
Accédez à tous nos contenus sur le site, l'application mobile et la plateforme vidéo
Profitez de décryptages exclusifs, d'analyses rigoureuses et d'investigations étayées

Commentaires

Soyez le premier à ajouter un commentaire

À lire

Régis Le Sommier reçoit Michel Onfray

Pour le premier grand entretien d’OMERTA, notre directeur de la rédaction, Régis Le Sommier, a reçu le philosophe Michel Onfray. Au programme : Russie, christianisme et immigration. Extraits.

Wokipédia : qui a vraiment droit à une page sur Wikipédia ? (2/6)

Dans une série d'enquêtes consacrées à Wikipédia, nous revenons sur la façade proprette de Wikipedia qui cache parfois un militantisme éhonté, il faut encore passer de l’intuition à la démonstration. Et prouver que Wikipedia est aujourd’hui structurellement militant.

Attentat au Pakistan : après 5 mois de cessez-le-feu, les talibans reprennent les hostilités

La mort en août d’un des principaux leaders des talibans pakistanais, a conduit le mouvement à déclarer lundi la fin du cessez-le-feu proclamé en juin avec le gouvernement. Ils revendiquent l’attentat survenu ce mercredi.

[Roman] Le mage du Kremlin : envoûtant

L’auteur Giuliano da Empoli a publié cette année son premier roman, Le Mage du Kremlin. Véritable épopée au cœur de la Russie de Poutine, parmi les plus hautes sphères du pouvoir, c’est une incontestable réussite.

La « taxe SNCF » coûte 276 euros par an

Une récente note de la FIPECO fait le bilan comptable de la SNCF. Le constat n’est pas franchement positif.

À Voir

Iran : retour d'expérience sur CNews de Régis Le Sommier

Débat entre Régis Le Sommier et BHL