Harcèlement scolaire : polémique après la lettre choquante d’une rectrice

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Deux semaines après la rentrée, le harcèlement scolaire une nouvelle fois au cœur de l’actualité. Ce lundi 18 septembre, le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a décidé de réunir l’ensemble des recteurs d’académie afin de faire un audit sur les cas de harcèlements signalés l’an passé. 

Une décision qui fait suite à la publication par BFMTV d’une lettre envoyée par le rectorat de l’académie de Versailles aux parents de Nicolas, un adolescent âgé de 15 ans. Selon ses proches, le jeune homme était victime de harcèlement scolaire. Il s’est suicidé à son domicile de Poissy (Yvelines) le 5 septembre dernier.
 
Dans ce courrier daté du 4 mai, il était reproché aux parents du jeune garçon d’avoir déposé une main courante afin de dénoncer l’immobilisme du chef d’établissement. Dans cette lettre, le rectorat écrit : « Vous avez remis en cause les fonctions et menacé de dépôt de plainte le personnel de direction du lycée professionnel. » La direction académique va même plus loin en rappelant que la dénonciation calomnieuse est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

L’ex-rectrice proche de Macron

Dans cette affaire, Charline Avenel, ancienne rectrice de l’académie de Versailles, se retrouve en première ligne. Celle qui a occupé ce poste entre octobre 2018 et juillet 2023 est une ancienne camarade d’Emmanuel Macron à l’ENA. Élevée au rang de Chevalier de l’ordre national du mérite en juin dernier, elle avait brigué cette place après un changement des règles de nomination des recteurs par le président de la République. Partie de l’académie de Versailles en juillet dernier, Charline Avenel occupe désormais la tête du groupe d’enseignement privé, Ionis.
 
Il n’y a pas que les parents de Nicolas N. qui reçoivent de telles lettres. Invitée sur France Info, la présidente de l’association La Voix de l’Enfant assure que « c’est le type de courrier que reçoivent nos associations ». Des structures faisant « de la prévention dans les établissements scolaires », précise-t-elle. Martine Brousse indique aussi que les « associations sont rappelées à l’ordre parce qu’elles font trop de signalements de cas de harcèlement scolaire » après leurs interventions dans les écoles.
 
Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Gabriel Lattanzio, professeur agrégé à l’université Panthéon-Sorbonne et engagé contre la violence adolescente, affirme que « ce n’est pas une simple erreur d’appréciation de la rectrice ».

20 % des ados cyberharcelés

« Quand je lis sa lettre, je vois une rectrice qui a réfléchi à l’intérêt du proviseur avant la condition de l’enfant », écrit-il. Il explique aussi que « si un proviseur sollicite le rectorat en disant que l’institution est menacée au travers de sa personne, toute la maison fait corps ».
Dans sa publication, il ajoute également qu’il « faut entendre » la détresse des parents et que pour lui, la meilleure façon de la calmer serait « une action déterminée et rapide ».
 
Selon des chiffres concernant l’année scolaire 2021-2022 publiés par le ministère de l’Éducation nationale, 6,7 % des élèves interrogés ont indiqué avoir été victimes d’au moins cinq types de violences répétées au collège. Un collégien sur cinq a également dit avoir été victime d’au moins une cyberviolence de façon répétée. 
Le harcèlement dépasse donc le cadre de la cour de récréation et se poursuit sur les réseaux sociaux. Selon France Info, les parents d’une jeune fille qui s’est suicidée il y a deux ans ont déposé plainte le 8 septembre dernier contre le réseau social TikTok. Une plainte pour « provocation au suicide », « non-assistance à personne en péril » et « propagande ou publicité des moyens de se donner la mort ».

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