Moscou ne compte pas suspendre ses opérations militaires pour faciliter d’éventuelles négociations avec Kiev. À New York, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a prévenu que la Russie continuerait les combats même si un nouveau processus diplomatique devait s’ouvrir. Pour le chef de la diplomatie russe, une interruption générale des hostilités offrirait surtout à l’armée ukrainienne la possibilité de reconstituer ses forces.
Cette position tranche avec celle défendue par l’Ukraine et plusieurs gouvernements européens. Kiev pousse notamment pour des accords limités sur les infrastructures énergétiques et la navigation en mer Noire avant l’arrivée de l’hiver. Volodymyr Zelensky s’est déclaré prêt à une trêve maritime fondée sur des propositions avancées par l’Égypte, l’Inde et la Turquie.
La Russie ne ferme pourtant pas entièrement la porte. Après une rencontre d’environ une heure entre Lavrov et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, ce dernier a affirmé que Moscou comme Kiev avaient manifesté un intérêt pour des arrangements limités concernant notamment les installations énergétiques et les exportations de céréales. Aucun accord n’a cependant été annoncé.
Lavrov défend une approche différente d’un simple gel du front. Moscou affirme rechercher un règlement politique portant sur les questions qu’elle considère comme étant à l’origine de la guerre, tandis que Kiev réclame notamment des garanties de sécurité et refuse qu’un accord consacre les annexions territoriales russes. Ces positions restent largement incompatibles à ce stade.
Le désaccord porte donc autant sur les conditions de la paix que sur la manière d’y parvenir. Pour les Européens et Kiev, un cessez–le–feu pourrait constituer la première étape d’une négociation. Moscou soutient au contraire qu’une pause sans règlement préalable risquerait seulement de repousser la reprise des hostilités.
Washington tente désormais de dégager un compromis plus limité. La perspective d’une suspension réciproque des frappes contre certaines infrastructures pourrait constituer un premier terrain d’entente, mais les discussions de New York montrent que la Russie n’entend pas abandonner la pression militaire en échange d’une simple promesse de négociations.





