Nicolas Maduro a une nouvelle fois décidé de bousculer le calendrier. Le président vénézuélien a annoncé lundi que les festivités de Noël débuteraient dès le 1er octobre, par décret, invoquant « la joie, la culture et le commerce » comme justification de cette célébration anticipée. « Noël au Venezuela démarre le 1er octobre », a-t-il déclaré lors de son émission télévisée hebdomadaire.
Ce choix, loin d’être inédit, est devenu une véritable marque de fabrique du dirigeant socialiste. Déjà en 2019, 2020, 2023 et 2024, il avait avancé le coup d’envoi des fêtes, parfois dans un contexte de crise politique majeure. L’an dernier, sa décision avait été perçue comme un geste de propagande après sa réélection contestée, dénoncée par l’opposition et critiquée par les évêques du pays, qui avaient mis en garde contre une instrumentalisation religieuse et politique des célébrations.
Cette année, Maduro justifie sa décision au nom du « droit au bonheur » des Vénézuéliens, alors que le pays traverse une situation géopolitique tendue. Washington a récemment déployé des navires de guerre dans les Caraïbes dans le cadre d’une opération antidrogue, que Caracas considère comme une tentative de pression pour déstabiliser son régime. Dans ce climat d’hostilité croissante avec les États-Unis, Maduro entend afficher un message d’unité et de résilience à travers des festivités anticipées.
« Encore une fois cette année, Noël commence le 1er octobre avec de la joie, du commerce, de la culture, des chants de Noël et des plats traditionnels », a insisté le président. Dans un pays marqué par l’inflation, les sanctions et les tensions sociales, le pouvoir mise sur cette parenthèse festive pour donner un souffle d’optimisme, mais l’opposition continue d’y voir une manœuvre politique visant à détourner l’attention des difficultés quotidiennes.





