Le Soudan a officiellement un nouveau chef de gouvernement. Kamil Idris, ancien haut fonctionnaire de l’ONU, a prêté serment samedi 31 mai à Port-Soudan devant le général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil souverain de transition. Il succède à Dafallah Al-Haj Yousif, ancien ambassadeur en Arabie saoudite, qui assurait officieusement les fonctions depuis plusieurs mois.
La nomination intervient dans un contexte dramatique : le pays entre dans sa deuxième année de guerre civile, opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF). Depuis le 15 avril 2023, le conflit a fait plus de 20 000 morts et déplacé près de 15 millions de personnes, selon l’ONU. Face à cette catastrophe humanitaire, Kamil Idris a annoncé la dissolution immédiate du gouvernement intérimaire et demandé aux secrétaires généraux des ministères d’assurer les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau cabinet.
Dans son premier discours à la nation, Idris a affirmé que sa priorité absolue serait de « défendre la souveraineté nationale du Soudan » et de vaincre les « groupes rebelles armés ». S’il n’a pas nommé explicitement de puissances étrangères, il a lancé un appel pressant aux États qui soutiennent, selon lui, la rébellion, leur demandant de cesser tout financement ou coopération.
L’ancien directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a aussi promis de gouverner dans la neutralité, garantissant un traitement égal à toutes les forces politiques du pays. Il a plaidé pour un dialogue national inclusif, excluant toute tentative d’accaparement du pouvoir ou d’exclusion partisane.
Malgré les nombreuses promesses de transition formulées depuis la chute d’Omar el-Béchir en 2019, aucun gouvernement stable n’avait vu le jour. Avec cette nomination, Al-Burhan tente de reprendre la main sur un pays à genoux. Reste à savoir si Kamil Idris aura la marge de manœuvre nécessaire pour rétablir un semblant d’ordre et engager un véritable processus de paix.





