La situation des droits des travailleurs dans le monde continue de se dégrader, alerte la Confédération syndicale internationale (CSI) dans la douzième édition de son indice annuel, publiée ce lundi.
L’organisation évoque un « effondrement » global des droits fondamentaux du travail, basé sur l’analyse de 97 indicateurs issus des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) dans 151 pays.
D’après l’indice 2025, 87 % des pays ont violé le droit de grève et 80 % ont bafoué le droit à la négociation collective. L’accès à la justice s’est également effondré, avec des restrictions dans 72 % des pays – un record. L’Europe et les Amériques, longtemps considérées comme des bastions de la protection des droits sociaux, enregistrent cette année leur pire score depuis la création de cet indice, confirmant une tendance inquiétante à la détérioration rapide.
La France n’échappe pas à cette dynamique. La CSI dénonce une situation où la négociation collective serait « en état de siège », en particulier dans les PME depuis les réformes de 2017. Près de 40 % des conventions collectives seraient imposées unilatéralement, sans aucune représentation syndicale. Plus de 1 000 syndicalistes affiliés à la CGT auraient été visés par des poursuites pénales ou des sanctions disciplinaires pour leur rôle dans les manifestations contre la réforme des retraites.
Sur le plan mondial, seuls sept pays – dont l’Allemagne, la Norvège et la Suède – conservent la note maximale en matière de respect des droits des travailleurs. Ils étaient 18 il y a dix ans. L’Italie et l’Argentine ont vu leur score chuter cette année, tandis que trois pays seulement – l’Australie, le Mexique et Oman – ont vu une amélioration, saluée par la CSI pour leurs réformes syndicales et judiciaires.
Enfin, la CSI a recensé la mort de syndicalistes dans cinq pays : l’Afrique du Sud, le Cameroun, la Colombie, le Guatemala et le Pérou. Le Nigeria, quant à lui, rejoint pour la première fois la liste noire des dix pires pays pour les droits des travailleurs. Si rien ne change, prévient la CSI, aucun pays au monde n’aura plus la note maximale d’ici dix ans.





