C’est une scène digne d’une comédie politique que Donald Trump et Elon Musk ont offerte vendredi dans le Bureau ovale.
Œil au beurre noir, casquette vissée sur la tête, l’homme le plus riche du monde faisait ses adieux à ses fonctions gouvernementales. Le président américain, tout en lui offrant une clé en or, l’a remercié pour « sa mission de réduction des dépenses publiques », affirmant que « les Américains ont une dette envers lui ».
Officiellement, Elon Musk quitte la direction de la DOGE — le Département de l’efficacité gouvernementale — avec un bilan en demi-teinte. Des agences fédérales supprimées, des milliers de fonctionnaires licenciés, mais des économies bien en deçà des promesses : 12 milliards selon un organisme indépendant, loin des 1 000 annoncés, encore plus loin des 2 000 initialement visés. Dans un pays où la dépense publique est devenue un champ de bataille idéologique, Musk a tenté de jouer les gladiateurs, avant de reculer face à l’ampleur des résistances internes et des couacs politiques.
L’entrepreneur sud-africain a également dû faire face à une tempête médiatique, relancée par une enquête du New York Times sur sa consommation de kétamine, d’ecstasy et de champignons hallucinogènes. Une affaire qu’il a balayée d’un revers de main, accusant le journal de mensonges « comme ceux proférés sur la Russie ».
Malgré ses divergences récentes avec Donald Trump, notamment sur le « Big and Beautiful Bill », une loi budgétaire que Musk juge dispendieuse, le milliardaire promet de rester « l’ami et le conseiller » du président. Mais il a aussi annoncé vouloir prendre ses distances avec la politique, se recentrer sur Tesla, SpaceX et X, et réduire ses investissements en politique.
Derrière les sourires de façade, la réalité est plus contrastée : la lune de miel entre Musk et Washington est terminée, et la réforme du mammouth administratif américain attendra un autre héros.





