La junte malienne peut souffler. La justice civile de Bamako vient de rejeter les recours déposés contre la dissolution brutale des quelque 300 partis politiques du pays, décrétée le 13 mai dernier par le président de transition, le général Assimi Goïta. Une décision lourde de conséquences, mais que les tribunaux ont évacuée… pour incompétence.
Pour les requérants, cette fin de non-recevoir judiciaire est une gifle infligée à la démocratie malienne. Faute de pouvoir légal d’agir pour les partis dissous, ce sont des citoyens engagés, comme l’avocat Mountaga Tall, qui ont porté l’affaire en justice. Sans succès pour l’instant. Mais ils promettent de poursuivre la bataille devant la cour d’appel, la Cour suprême, et même au niveau international.
La dissolution générale des partis politiques, justifiée par la junte comme un moyen de « rationaliser » un paysage politique jugé trop éclaté, s’inscrit dans une logique de reprise en main autoritaire du pouvoir. Une concertation nationale, tenue en avril sous contrôle militaire, avait déjà proposé de maintenir Assimi Goïta au pouvoir pour cinq ans, sans passer par les urnes.
Depuis l’annonce du décret, toute manifestation politique est interdite. Pourtant, des centaines de personnes avaient défié la junte début mai pour dénoncer cette dérive. Un courage rare dans un climat de plus en plus répressif, où le pouvoir militaire verrouille progressivement toutes les libertés fondamentales au nom de la stabilité. La démocratie malienne, elle, semble plus que jamais suspendue.





