Madrid résiste aux pressions de Trump pour augmenter le budget de la défense

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L’Espagne maintient son objectif de 2 % du PIB pour la défense d’ici 2029, malgré les demandes américaines de porter les dépenses militaires à 5 %.

L’administration de Donald Trump intensifie ses pressions sur les alliés de l’OTAN pour qu’ils augmentent leur budget de défense, avec un objectif ambitieux de 5 % du PIB. L’Espagne, cependant, refuse de céder à cette exigence et reste engagée sur sa trajectoire actuelle : atteindre 2 % du PIB en 2029, contre 1,32 % prévu pour cette année.

Cette position, confirmée par le gouvernement de Pedro Sánchez, rejette l’idée d’un effort budgétaire immédiat et drastique, malgré les avertissements répétés de Washington et du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a récemment déclaré que les pays européens devraient faire plus face aux défis sécuritaires croissants.

Un enjeu de souveraineté et de finances publiques

L’objectif espagnol représente déjà un doublement du budget de la défense en cinq ans, avec un passage de 17,5 milliards d’euros en 2024 à 36,5 milliards en 2029. Cet effort budgétaire conséquent nécessite une augmentation annuelle de 4 milliards d’euros, une charge lourde pour les finances publiques espagnoles, alors que le gouvernement tente de concilier engagement envers l’OTAN et stabilité budgétaire.

Le Premier ministre espagnol rejette l’idée d’accélérer cette montée en puissance, expliquant que les priorités de Madrid incluent également les investissements dans les infrastructures et les services publics.

Cette position divise la classe politique espagnole. Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti Populaire (PP, droite), accuse le gouvernement de manquer de fiabilité vis-à-vis de l’OTAN et des États-Unis. Il estime que Madrid devrait accélérer son effort de défense et renforcer son alliance avec Washington.

À l’inverse, la gauche radicale de Sumar et Podemos refuse toute augmentation du budget militaire, critiquant les décisions du gouvernement Sánchez, notamment l’envoi d’armes à l’Ukraine.

Une Espagne tiraillée entre Washington et Bruxelles

Face à ces tensions, Madrid compte sur l’Union européenne pour négocier une réponse commune à la pression américaine. Feijóo plaide pour une ligne diplomatique plus ferme et une unité européenne accrue face aux demandes de Trump, insistant sur la nécessité de parler « d’égal à égal » avec Washington.

Pour l’instant, le gouvernement espagnol tient bon et ne semble pas prêt à modifier son calendrier de dépenses militaires, quitte à se retrouver dans le viseur de l’administration Trump.

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