L’Assemblée générale des Nations unies se prononce ce vendredi sur la « déclaration de New York », un texte soutenu par la France et l’Arabie saoudite qui vise à redonner corps à la solution à deux États, israélien et palestinien. Le projet, déjà cosigné par dix-sept pays et endossé récemment par la Ligue arabe, appelle explicitement à la fin de la guerre à Gaza et à la mise en place d’un État palestinien souverain.
La déclaration condamne les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, exige la libération des otages et demande que le mouvement islamiste cesse d’exercer son autorité sur Gaza au profit de l’Autorité palestinienne. Elle prévoit également, dans la perspective d’un cessez-le-feu, le déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation sous mandat onusien pour protéger la population et accompagner la construction d’institutions palestiniennes.
Pour Paris et Riyad, il s’agit d’un tournant diplomatique. Emmanuel Macron a déjà promis de reconnaître l’État palestinien lors du sommet qu’il co-présidera avec l’Arabie saoudite le 22 septembre à New York. D’autres pays ont annoncé leur intention de franchir le pas, considérant que seule la création d’un État indépendant peut mettre un terme durable au conflit. Selon Richard Gowan, analyste de l’International Crisis Group, ce texte constitue un « bouclier » pour les pays favorables à la Palestine, leur permettant de soutenir cette cause sans être accusés d’indulgence vis-à-vis du Hamas.
Israël, de son côté, rejette catégoriquement la démarche. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a répété jeudi qu’« il n’y aura pas d’État palestinien », alors que son gouvernement poursuit l’extension des colonies en Cisjordanie et affiche des ambitions d’annexion. Washington, fidèle allié de Tel-Aviv, a annoncé que le président palestinien Mahmoud Abbas ne serait pas autorisé à se rendre à New York pour l’occasion.
Malgré ces blocages, la dynamique internationale semble s’accélérer. Trois quarts des États membres de l’ONU reconnaissent déjà la Palestine, proclamée en 1988 par la direction palestinienne en exil. Pour nombre de diplomates, l’adoption de la déclaration de New York enverrait un signal fort : la communauté internationale reste attachée à la perspective d’un État palestinien viable, même face aux tentatives israéliennes de la rendre irréalisable sur le terrain.





