Londres veut transformer du pétrole russe saisi en financement pour l’Ukraine

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Le gouvernement britannique étudie la possibilité de vendre une importante cargaison de pétrole russe saisie ces dernières semaines afin de financer une partie de son soutien militaire à l’Ukraine. Selon plusieurs informations relayées par la presse britannique, près de 98 000 tonnes de brut de type Urals, transportées par le pétrolier Smyrtos, pourraient être mises aux enchères dans les prochains mois.

La valeur de cette cargaison est estimée à environ 35 millions de livres sterling, soit plus de 40 millions d’euros. Les autorités britanniques considèrent que le pétrole est désormais sous leur contrôle juridique après l’immobilisation du navire dans la Manche. Le bâtiment avait été intercepté à la mi-juin lors d’une opération menée par les forces britanniques, Londres le présentant comme lié à la flotte commerciale utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.

Le scénario privilégié consisterait à revendre le pétrole afin d’affecter les recettes au soutien de Kiev, soit par un transfert direct de fonds, soit par l’achat d’équipements militaires destinés aux forces ukrainiennes. Une autre hypothèse, encore à l’étude, prévoirait de raffiner ce pétrole sur le territoire britannique pour alimenter le marché intérieur, même si plusieurs obstacles juridiques compliqueraient cette option.

Cette initiative, si elle se concrétise, marquerait une nouvelle étape dans la politique de sanctions menée contre la Russie. Elle soulève néanmoins des interrogations sur le fondement juridique permettant à un État de disposer d’une cargaison appartenant à un opérateur étranger avant toute décision judiciaire définitive. Les autorités britanniques n’ont, à ce stade, pas détaillé le cadre légal sur lequel elles entendent s’appuyer.

Pour Moscou, cette perspective illustre un durcissement supplémentaire des mesures occidentales visant les intérêts économiques russes. Depuis plusieurs mois, la Russie dénonce une utilisation croissante des sanctions à des fins politiques et estime que la confiscation d’actifs russes ou liés à la Russie constitue une remise en cause du droit de propriété et des règles du commerce international.

Le dossier demeure toutefois à un stade préliminaire. Le pétrolier Smyrtos devrait, selon les informations disponibles, être restitué une fois l’enquête des autorités britanniques achevée. En revanche, le sort de sa cargaison pourrait créer un précédent susceptible d’alimenter de nouvelles tensions entre Londres et Moscou, alors que le soutien militaire britannique à l’Ukraine reste l’un des plus importants en Europe.

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