Le pouvoir vacille en Israël, Netanyahu joue sa survie politique

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Le gouvernement de Benjamin Netanyahu traverse l’une des plus graves crises politiques de ces derniers mois. Mercredi soir, la coalition au pouvoir a officiellement déposé un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées dans un climat de fragmentation politique et de fortes tensions internes.

Cette initiative, portée par le Likoud et les principaux partis de la majorité, vise avant tout à reprendre le contrôle du calendrier politique. Depuis plusieurs jours, l’opposition préparait déjà ses propres textes pour provoquer la chute du gouvernement. En déposant elle-même un projet de dissolution, la coalition cherche désormais à éviter une implosion désordonnée et à conserver la main sur les négociations autour de la future date du scrutin.

La crise trouve son origine dans le dossier explosif de la conscription des juifs ultra-orthodoxes. Les partis haredim, alliés indispensables de Netanyahu, exigent le maintien d’exemptions militaires pour les étudiants des écoles religieuses. Or, une partie croissante de la société israélienne conteste ce privilège, particulièrement depuis les pertes humaines liées aux guerres successives menées par Israël depuis 2023. Netanyahu peine désormais à satisfaire à la fois ses partenaires religieux et une opinion publique de plus en plus hostile aux traitements d’exception.

Plusieurs formations ultra-orthodoxes ont menacé ces derniers jours de faire tomber la coalition si aucun compromis n’était trouvé. Cette pression fragilise un exécutif déjà affaibli par les divisions autour de la guerre à Gaza, des tensions régionales avec l’Iran et des critiques persistantes contre la gestion sécuritaire du gouvernement.

Selon le texte déposé au Parlement, des élections devraient être organisées dans un délai d’environ trois à cinq mois après l’adoption définitive de la loi. Le projet devra toutefois franchir plusieurs étapes parlementaires avant une dissolution effective de la Knesset. Un premier vote pourrait intervenir dès la semaine prochaine.

Benjamin Netanyahu joue désormais une partie politique décisive. Contesté dans la rue, confronté à des procédures judiciaires toujours en cours et critiqué jusque dans son propre camp, le Premier ministre tente de transformer une crise interne en pari électoral. Mais après des années de polarisation politique et de conflits permanents, une partie croissante de la société israélienne semble aspirer à une recomposition politique profonde.

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