En Corée du Sud, un président privé de pouvoirs

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Alors que la motion de destitution du président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, n’a pu être votée le samedi 7 décembre faute de quorum, le Premier ministre, Han Duck-soo, gère désormais les affaires du pays. De son côté, l’opposition dénonce “un deuxième coup d’État”. Plus que jamais, le pouvoir en place est en difficulté. Dimanche 8 décembre, le ministre de l’Intérieur,  Lee Sang-min a annoncé sa démission.

Yoon Suk-yeol est en sursis. Quatre jours après avoir essayé d’imposer la loi martiale dans le pays, le président sud-coréen a échappé au vote d’une motion de destitution samedi 7 décembre. En cause, le non-respect du quorum du fait de l’absence de députés soutenant le chef d’Etat.

Si le leader sud-coréen bénéficie encore de soutiens dans son propre camp, certains s’étaient ligués contre lui après sa tentative d’interdire toute activité politique dans le pays. Ainsi, des parlementaires du camp présidentiel avaient notamment voté en faveur de la résolution demandant la levée de la loi martiale. Han Dong-hoon, leader du Pouvoir au peuple, le parti politique du président, avait aussi déclaré que l’actuel chef de l’État allait devoir “rendre des comptes” à la nation.

“Un deuxième coup d’État”

Dimanche 8 décembre, le chef du PPP a fait savoir qu’un départ “rapide et ordonné” serait organisé, ajoutant qu’il serait préférable que le président démissionne, plutôt qu’il soit destitué par une motion. “Il n’interférera pas dans les affaires de l’État, dans les affaires étrangères non plus” a-t-il poursuivi, le président ayant accepté de confier la gestion du pays. Les affaires nationales seront désormais gérées par le Premier ministre Han Duck-soo.

Le front de la part des alliés de Yoon Suk-yeol face à la motion de destitution, n’a pas été du goût de l’opposition. Ces derniers, ont accusé le PPP d’organiser “un deuxième coup d’État”. Malgré l’échec du vote, les opposants ont annoncé qu’ils retenteraient une nouvelle destitution le 14 décembre prochain. D’après l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, l’opposition a fustigé cette volonté du Premier ministre et du Pouvoir au peuple de s’approprier le pouvoir de façon “anticonstitutionnelle”.

Une enquête pour « rébellion » est ouverte

Lors d’une conférence de presse, le leader du Parti démocrate, Lee Jae-myung, a affirmé que le président sud-coréen devait “démissionner immédiatement ou être destitué sans délai”. Visé par une enquête pour “rébellion”, Yoon Suk-yeol s’est vu délivrer une interdiction de quitter le territoire sud-coréen par le ministère de la Justice le lundi 9 décembre.

Pendant ce temps, les démissions se poursuivent au sein des plus hautes instances. Après le chef de cabinet du président et plusieurs de ses conseillers, le ministre de l’Intérieur a également quitté le navire dimanche 8 décembre. Dans sa lettre de démission, Lee Sang-min parle de “sa responsabilité de ne pas avoir bien servi la population ni le président” rapporte le quotidien Joong Ang Ilbo. Tout comme Yoon Suk-yeol, qui a accepté sa démission, il est visé par une enquête pour “rébellion”.

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