Côte d’Ivoire : l’opposition forme une « Coalition pour l’Alternance » afin d’exiger des réformes électorales

Date:

Un collectif de 25 partis d’opposition ivoiriens a annoncé, lundi 10 mars, la création de la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI). Cette nouvelle alliance réclame des réformes électorales avant la présidentielle d’octobre 2025, mais n’a pas encore désigné de candidat unique.

Une alliance hétérogène pour un objectif commun

Réunis à Abidjan, les principaux leaders de l’opposition ont signé une charte officialisant la création de la CAP-CI. Parmi les signataires figurent des figures politiques influentes comme Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et coordonnateur de la coalition, Simone Ehivet Gbagbo, leader du Mouvement des Générations Capables (MGC) et porte-parole de l’alliance, ainsi que Pascal Affi N’Guessan du Front Populaire Ivoirien (FPI) et Charles Blé Goudé du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep).

L’histoire politique ivoirienne a été marquée par des crises électorales majeures, notamment celle de 2010-2011, qui avait fait 3 000 morts, et celle de 2020, qui avait entraîné 85 décès en raison des tensions autour du troisième mandat d’Alassane Ouattara. Ce dernier, au pouvoir depuis 2011 et âgé de 83 ans, n’a pas encore annoncé s’il briguerait un quatrième mandat, mais a affirmé en janvier être « désireux de continuer à servir son pays ».

L’objectif principal de cette coalition est de faire pression sur les autorités pour obtenir des garanties de transparence électorale. Parmi les revendications figurent la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), jugée trop proche du pouvoir, ainsi que la mise à jour des listes électorales. « Nous sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour que la paix règne en Côte d’Ivoire et que les élections soient réellement inclusives », a affirmé Tidjane Thiam, cité par l’AFP.

En revanche, la question d’une candidature unique pour la présidentielle du 25 octobre n’a pas été abordée. Charles Blé Goudé a précisé que la coalition n’en était « pas encore là », soulignant que l’enjeu immédiat était d’obtenir des réformes avant le scrutin.

Une coalition qui n’inclut pas toutes les forces politiques de l’opposition

Si la CAP-CI marque une avancée vers une opposition unifiée, elle ne rassemble pas encore toutes les forces opposées au président Alassane Ouattara. Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par l’ancien président Laurent Gbagbo, n’a pas rejoint la coalition. Gbagbo, qui a lui-même appelé à l’union de l’opposition en juillet dernier, est actuellement inéligible en raison d’une condamnation pénale, mais reste un acteur politique influent.

En attendant une clarification des candidatures et du cadre électoral, la CAP-CI s’organise pour peser dans le débat politique. L’enjeu est de taille : garantir une élection crédible et éviter de nouveaux épisodes de violence qui ont marqué l’histoire récente du pays.

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img