Géopolitique

Xi Jinping dévoile ses ambitions pour la Chine

 
Ce dimanche 16 octobre s'est tenu, à Pékin, dans le palais du peuple, le 20e congrès du parti communiste chinois. Au cours d'une conférence d'une heure et demie, le secrétaire général du parti, Xi Jinping, est revenu sur son dernier mandat et a exposé ses ambitions pour l'avenir de la Chine. 2.300 délégués du parti communiste étaient réunis dans le palais à cette occasion, enfermés et testés quotidiennement selon les protocoles de la politique « zéro Covid ». Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012 et en passe d'obtenir un troisième mandat le 23 octobre, a été ovationné par des invités triés sur le volet. 

Le chef d'état chinois est revenu sur la politique du pays face à l'épidémie de Covid-19. Se félicitant pour la politique sanitaire adoptée par le gouvernement, il a déclaré : « la vie et la santé de notre population ont été protégées au maximum et la coordination entre la lutte contre l'épidémie et le développement économique et social a obtenu des résultats positifs importants » selon des propos retranscrits dans le Monde. Xi Jinping s'est aussi livré à de longues critiques de ses prédécesseurs, selon le même quotidien, mettant en avant le chaos dans lequel se trouvait le pays avant son arrivée au pouvoir : « La direction du parti était affaiblie, vidée de son contenu et diluée(...). Des courants d'idées erronées telles que le culte de l'argent, la recherche du plaisir(...) étaient récurrents (…). Le désordre régnait sur Internet ». 

Le secrétaire général du parti a mis en avant sa campagne anti-corruption, lancée à son arrivée au pouvoir il y a 10 ans. Cette politique a pris de l'ampleur à la veille du congrès, des sanctions ayant été prononcées dans 1.100 affaires, d'après nos confrères de France 24. Xi Jinping a estimé que cette campagne avait permis d'éliminer les « graves dangers latents au sein du parti », selon le Point. 

Xi Jinping n'a pas évoqué la question des Ouïghours, dont le traitement par les autorités chinoises est critiqué à l'internationale. Rehema Awuqi, invitée au congrès comme représentante ouïghour du Xinjiang, région dans laquelle la Chine est accusée d'interner la minorité musulmane, a été dithyrambique sur le parti. Interrogée sur le sujet, elle a déclaré à l'AFP : « Au Xinjiang, on a une vie tellement heureuse grâce au grand parti (communiste) qui nous dirige ». 

Le secrétaire général du parti communiste a aussi longuement exposé sa vision de la Chine de demain. Comme le montrent les propos retranscrits dans le Monde, l'objectif affiché de Xi Jinping est de faire de la Chine « un grand pays moderne dans tous les domaines » et de hisser le pays « au premier rang mondial » en 2035. Le chef d'état chinois a fait part de son ambition de créer une « nouvelle génération de citoyens ». Xi Jinping a estimé qu'il était nécessaire d'« orienter l'opinion publique dominante en recourant à de nouveaux moyens ». Ces aspirations au contrôle idéologique devant selon lui passer par le numérique, avec la nécessité de « perfectionner le système de gestion intégrée des sites Internet de manière à créer un cyberespace sain et propre »

Au sujet de Taïwan, Xi Jinping a laissé entendre que sa réunification avec la Chine devait se faire avant 2049, date du centenaire du parti communiste chinois. Le chef d'état a estimé que la « réunification » était « indispensable à la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise ». Déclarant préférer une réunification « pacifique », il a cependant affirmé garder « toutes les options ouvertes », dont le « recours à la force ». Dressant un sombre portrait de la situation internationale, Xi Jinping a prévenu que la Chine devait se préparer « à affronter les rudes épreuves qui se succèderont, telles des tempêtes, voire des ouragans », en gardant l'année 2049 comme horizon de grandeur et de renouveau du pays. Cette date devrait en effet signer l'achèvement des nouvelles routes de la soie, projet titanesque de construction d'infrastructures ferroviaires, maritimes et terrestres entre la Chine et l'Europe, qui vise à mettre le pays sur le devant de la scène internationale. 


La rédaction d'OMERTA

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