Géopolitique

Tunisie : vers la fin de la résilience ?

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« Down with dictatorship », « Kais Saied out ». Pancarte à la main, des milliers de Tunisiens se sont rassemblés ce samedi 14 janvier sur la centrale avenue Bourguiba de Tunis.  Les attaques ad personam visent le président Kais Saied, jugé comptable de la paupérisation généralisée à l’œuvre dans les quatre coins du pays. Douze ans après la chute de Ben Ali, les indicateurs macro-économiques sont au rouge et ne plaident pas pour un retour à l’espérance : 20% des Tunisiens vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage flirte avec les 12% et l’inflation caracole à un sommet jamais atteint en trente ans. Dans les supermarchés et les épiceries de quartiers, les produits de base manquent à l’appel. Lait, sucre, riz, rien n’est épargné. 
 
La crise est multidimensionnelle. Les technocrates et experts de l’époque benalienne seraient aujourd’hui courtisés par le palais présidentiel de Carthage tant la situation économique est intenable.   
 
 Au bord de l’agonie, la Tunisie est contrainte de solliciter de nouveau le FMI pour renflouer les caisses de l'État.  Mais, là encore, cela coince.  L’examen du dossier par le conseil d’administration du Fonds monétaire international, initialement prévu le 19 décembre 2022, a été déprogrammé sine die. L’accord entre l’institution de Bretton Woods et Tunis portait sur un prêt de 1,9 milliard de dollars à décaisser sur 4 ans.  Un report qui serait imputé, selon certains économistes tunisiens, à l’incohérence du discours présidentiel quant à la mise en place de réformes structurelles visant à sortir le pays de sa torpeur économique.  
L’épineuse et sempiternelle question de la privatisation des entreprises publiques souhaitée par le FMI dans son plan d’ajustement structurel a de facto cristallisé les tensions entre la principale centrale syndicale, l’UGTT, et le gouvernement tunisien. Kaïs Saïed n’a alors eu d’autre choix que de faire taire les rumeurs de futures cessions d’entreprises publiques.   
L’exécutif n’a plus les moyens de …

La rédaction d'Omerta

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