Le projet d’Emmanuel Macron a évolué avec le temps, comme le montre le premier article de notre série sur la réforme. Si le projet de loi n’a pas encore été finalisé, certaines pistes permettent de voir ses grandes tendances.
Depuis le 1er décembre, le ministre du Travail Olivier Dussopt dialogue avec les partenaires sociaux sur le projet de la réforme des retraites. La mesure avance, avec pour clef de voûte le passage de l’âge légal de la retraite de 62 à 65, ou 64 ans selon l’évolution de la loi au Parlement. Le texte devait être présenté le 15 décembre, mais Emmanuel Macron l’a récemment repoussé au 10 janvier. Il n’est d’ailleurs pas exclu que la récente élection d’Éric Ciotti à la tête des Républicains y soit pour quelque chose.
La retraite à 65 ans : pour quoi faire ?
Si jamais le gouvernement parle de la réforme des retraites comme d’une mesure « sociale », il ne s’agit là que d’un élément de langage. En effet, la « vraie » motivation de cette loi, c’est le fameux « équilibre » du système. Si, selon les prévisions du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), l’année 2022 devrait voir un excédent de 3,2 milliards d’euros, il n’en serait pas de même à l’avenir. Ses prévisions ne sont pas franchement positives : entre 7,5 et 10 milliards de déficit sur l’année 2027, et entre 12,5 et 20 milliards sur l’année 2032. Ce seraient ainsi face à vingt-cinq années de déficit que la France devrait faire face, avant qu’une stabilisation démographique n’opère.
Pour autant, le COR ne préconise pas de réforme. Olivier Dussopt, de son côté, parle de cette loi comme le changement qui aurait « l’efficacité budgétaire la plus forte ». Selon Bercy, le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans permettrait de relever le PIB de près d’un point, et de créer jusqu’à 240 000 emplois. Cette seule mesure permettrait également de réduire les dépenses de 20 milliards d’euros par an à partir de 2032, pour 9 milliards dès 2027. De son côté, l’allongement de la durée de cotisation -aujourd’hui 43 ans pour les personnes nées après 1973- été écarté.
Un plan global
Certains points ne bougeront pas : l’âge légal pour les personnes en situation de handicap (55 ans) ou encore l’âge automatique de retraite à taux plein (67 ans).
Cependant, ces deux points seront bien parmi les seuls qu’Emmanuel Macron ne modifiera pas. Les régimes spéciaux, aujourd’hui au nombre de 42, touchent avant tout les fonctionnaires, mais aussi les parlementaires, les clercs de notaire ou les marins, entre autres. Cela fait maintenant plusieurs années que le Président de la République en a fait son cheval de bataille, avec pour objectif : « un système simplifié, où, pour la fonction publique, pour les salariés et pour les indépendants, on a grosso modo trois régimes ». Évidemment, la réforme ne concernerait que les nouveaux salariés, et pas ceux déjà en exercice.
En parallèle, une mesure coûteuse devrait faire son apparition : le relèvement du minimum vieillesse à 1100 euros par mois. Aujourd’hui autour de 700 euros, cette hausse laisserait toutefois la réforme globalement bénéficiaire de 5 milliards d’euros par an.
Un dernier point concernerait cette fois-ci la pénibilité du travail. Selon Le Monde, le gouvernement songerait à augmenter le plafond des « points de pénibilité », éventuellement convertibles en congés.





