Culture

Propagande : connaissez-vous Edward Bernays ?

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Journaliste franco-hongrois basé à Budapest, Yann Caspar s’intéresse depuis longtemps aux arcanes de la propagande. Dans le cadre de L’Observatoire du journalisme, il publie aujourd’hui un court essai stimulant sur Edward Bernays (1891-1995), « l’homme qui murmurait à l’oreille des foules », encore assez méconnu en France malgré le rôle central qu’il joua dans la mise en place de la société de consommation occidentale. Né à Vienne, en Autriche, neveu de Sigmund Freud, il grandit aux États-Unis où il fit ses premières armes de propagandiste au service du président Wilson, en 1917, à l’heure où il s’agissait pour le pouvoir américain de convaincre sa population de la nécessité de sortir de la neutralité et de s’engager aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne dans la Première Guerre mondiale.

En 1919, il crée son agence de relations publiques à New York. Il engrange vite ses premiers succès. Ainsi, s’appuyant sur l’autorité des médecins pour le compte du lobby agro-alimentaire, il convainc ses concitoyens de prendre désormais chaque matin un solide petit-déjeuner « eggs and bacon » au réveil. Autre réussite commerciale, cette fois-ci pour le compte du fabricant de tabac Lucky Strike American Tobacco : convaincre, à l’aide de la publicité, les femmes de se mettre à fumer des cigarettes, jusque-là une habitude jugée très masculine.

Le génie d’Edward Bernays repose sur le fait d’avoir compris comment agir sur l’inconscient collectif : « Ce que Freud se propose de prêter à un individu est chez Bernays présent au niveau des masses. » Ainsi, il « cru dur comme fer pouvoir appliquer les préceptes freudiens à des entreprises de masse ». De quoi faire hurler son oncle, mais surtout de quoi fonder la propagande moderne. Propaganda, c’est justement le livre le plus célèbre d’Edward Bernays, publié en 1928 et considéré par les historiens comme l’ouvrage fondateur des relations publiques, qui décrit l’art de trouver les bons relais pour faire passer le message souhaité. 

Mort…

Jérôme Besnard

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