Géopolitique

Midterms épisode 1 : la droite part gagnante

 
De notre envoyé spécial à New-York 

Nous sommes à un mois avant les « midterm », ces élections de mi-mandat présidentiel fixées cette année au 8 novembre et qui renouvelleront l’ensemble de la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers des 100 membres du Sénat des États-Unis d’Amérique. Rappelons que ces deux chambres qui composent le Congrès sont actuellement entre les mains des Démocrates, même si au Sénat, la majorité ne tient qu’à un siège. 

A New-York, redevenue presque insouciante après la fin de la pandémie, c’est la période des parades sur la mythique 5e Avenue. Les habitants profitent de l’été indien après la perturbation créée par la tempête qui a ravagé les côtes de Floride. Les visiteurs se pressent au MET et MoMA. La boutique et le grill de la Trump Tower, eux, restent très accessibles aux inconditionnels de celui qui fut le 45e président des États-Unis : on est ici en terre de plus en plus démocrate de scrutin en scrutin et l’ancien président républicain n’est vraiment pas en odeur de sainteté. Si Richard Nixon avait obtenu 48 % dans la ville de New-York lors de l’élection 1972, Donald Trump n’y a pas dépassé les 23 % en 2020 (contre 17 % en 2016), et, à Manhattan, il arrivait à peine à atteindre 12 %. Sur les bord de l’Hudson river, de la communauté juive aux hispanophones, c’est à qui se démarquera encore aujourd’hui le plus de l’encombrant milliardaire populiste. 

Tradition d’alternance parlementaire 

Mais New-York est un contre-exemple, tant Donald Trump apparaît bien comme le véritable patron du camp républicain dans les États où celui-ci réalise ses meilleurs scores. Il n’y a plus d’alternative crédible à son retour au sein de la famille politique dont il a pris le contrôle. L’affaire de l’attaque du Capitole n’a pas égratigné son prestige auprès de la droite conservatrice profonde qui compte bien  conserver ses bastions et reprendre des positions perdues. Historiquement, les « midterm » sont favorables à l’opposition et les Républicains comptent transformer les scrutins de novembre en véritable référendum anti Joe Biden, dont la popularité est en berne. Dans le camp opposé, les Démocrates tentent pour leur part de mobiliser leur électorat en agitant l’épouvantail Trump, le diabolisant à dessein. 

La presse souligne volontiers le « pas de deux » des Républicains concernant l’avortement, leurs candidats bien implantés se félicitant de la décision de la Cour suprême lui retirant son statut fédéral, ce qui a autorisé certains États à revenir sur ce droit accordé aux femmes, tandis que ceux qui ne sont que des challengers en passe de faire basculer certains sièges, ne s’aventurent pas sur ce terrain, préférant se limiter à une critique en règle du bilan économique de Joe Biden après deux ans à la Maison-Blanche. Ce qui n’empêche pas certains gouverneurs républicains d’user de la surenchère sur le plan migratoire en envoyant par bus ou avion des migrants illégaux d’origine hispano-américaine vers les États démocrates, voire sur l’île de Martha’s Vineyard dans le Massachussetts sur laquelle la famille Kennedy possède une célèbre propriété. 

Populisme pacifiste 

Concernant le conflit en Ukraine, Donald Trump, fidèle à un certain isolationnisme traditionnel au sein du Parti Républicain (si l’on excepte sa parenthèse néo-conservatrice sous Bush père et fils), accuse  Joe Biden de s’être engagé dans un rapport de force avec Vladimir Poutine et la Russie et d’avoir donc conduit le monde au bord de la Troisième Guerre mondiale. 

Une amie franco-américaine qui a toujours vécu aux États-Unis et qui n’est pas spécialement « de gauche » confie à notre journaliste : « Si Trump reviens je pars m’installer en France. » Le débat semble donc aujourd’hui devenu impossible entre une Amérique de l’intérieur qui a intériorisé la sécession politique et intellectuelle imposée par Donald Trump et un électorat démocrate, celui de la côte est ou de Californie qui ne sait plus à quel saint se vouer pour échapper à un retour des Républicains facilité par les limites de l’expérience Joe Biden. A ce petit jeu de diabolisation, les Républicains sont bien partis pour reprendre non seulement le Sénat mais possiblement la Chambre des représentants. Ce qui pourrait mettre de nouveau Donald Trump sur orbite pour l’élection de 2024. Il aura alors 78 ans et Biden approchera presque quatre de plus. 

La rédaction d'OMERTA

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