Politique

Macron tente de donner un cap à son nouveau quinquennat

 Deux semaines plus tôt, Emmanuel Macron s’était déjà exprimé dans l’émission « L’Événement », sur France 2. Ukraine, Arménie et Union Européenne, il avait balayé ces sujets de politique internationale. Au tour des affaires internes du pays alors que la France sort de grève et de trois 49-3 appliqués au budget 2023 qui ont particulièrement secoué l’Assemblée. 

C’est d’abord sur le pouvoir d’achat que le président de la République a été interrogé. Évoquant la « protection » de l’État qui aurait pris sur lui la moitié de la crise pour éviter ce fardeau aux Français, mais tout en rappelant que la France est le pays d’Europe le plus efficace sur la question de l’inflation, avec seulement 5,6%. Annonçant la relève du bouclier tarifaire à 15% de plus l’année prochaine, il dit avoir empêché une « hausse de plus de 100% » sur ce l’énergie. Selon nos collègues de France Info, cette hausse ne serait que de 63%. 

Cette exagération n’est cependant pas relevée : le président annonce ensuite une aide pour les « gros rouleurs » qui s’apprêtent à souffrir de la forte remontée des prix du pétrole alors que la remise à 30 centimes par litre s’achèvera fin 2022. C’est ensuite sur les salaires qu’Emmanuel Macron a pris une position tranchée : pas d’indexation de ceux-ci sur l’inflation, il leur préfère des « primes » montant jusqu’à 2000 euros. Pourtant, si les salaires n’augmenteront donc pas (et baisseront artificiellement à cause de l’inflation), il faudra « travailler davantage » affirme le chef de l’État, qui vise toujours le plein-emploi. 


C’est alors que la réforme qui doit être la grande cause de ses dix années au pouvoir arrive : l’âge de la retraite. « À partir de l’été 2023, on devra décaler l’âge légal de départ de quatre mois par an. Ce qui veut dire que là où nous sommes aujourd’hui, à 62 ans, on passera à horizon 2025 à 63 ans, à horizon 2028 à 64 ans, et à horizon 2031 à 65 ans » a déclaré le président de la République. Quid de l’opposition, alors que son parti est minoritaire à l’Assemblée ? Il dit d’abord compter sur le soutien des LR, mais a longuement fustigé l’alliance contre-nature entre le RN et la Nupes. Énervé, il a attaqué des « cyniques » qui s’opposaient « au mérite, à l’ordre, au travail ». Justifiant l’usage du 49-3, il a dit garder en tête l’idée d’une dissolution de l’Assemblée Nationale. 


C’est sur l’immigration qu’Emmanuel Macron a clos son intervention. Rappelant qu’il ne ferait « jamais un lien existentiel entre l’immigration et l’insécurité », rappelant toutefois quelques secondes plus tard qu’un acte de délinquance sur deux était le fait d’un étranger à Paris. Dix jours après la terrible affaire Lola, le chef de l’État a déclaré vouloir « durcir » les règles de l’immigration en exécutant 100% des OQTF sur les étrangers « les plus dangereux ». À ce sujet, leur faible taux d’application (5,6% au premier semestre 2021) et la révélation que 700 000 étrangers en France devraient être déjà expulsés n’a pas alarmé le président qui a déclaré que ces chiffres étaient similaires à ceux des voisins de la France. Une affirmation plutôt vraie en valeur, mais certainement pas en pourcentage


Pour finir, le président de la République a dit vouloir aller vers un « pays plus fort, juste et apaisé ». Une allocution qui a déçu nombre de commentateurs qui n’y retrouvent pas le « souffle » de son premier quinquennat. Le président « jeune et dynamique » fatiguerait-il ? 

La rédaction d'OMERTA

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Commentaires

EMMANUEL GAUQUELIN

Il y a 1 ans

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Un "pied-nickelé" de première classe et toxique de surcroît ...Hollande et dépassé...Avec Van-Der-Layen, Schwab, Soros et Laurent Alexandre, ils forme les personnages du livre d'Orwell.....

Aul Xarp

Il y a 1 ans

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Un Président dépassé par tous ses nombreux et exagérés "en-même-temps" qui l'ont complétement perdu dans ses dérives.

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