Géopolitique

Le Kosovo sous tension

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« La situation au Kosovo n’a peut-être jamais été aussi tendue au Kosovo depuis vingt ans », me confiait la semaine dernière un ambassadeur au détour d’une conversation à Belgrade. Je m’en ouvrais à mon retour à notre rédaction d’OMERTA ce qui achevait de convaincre notre directeur, Régis Le Sommier de se rendre dans cette région historique de la Serbie devenue sous la pression de la majorité albanophone de la population, un État autoproclamé, reconnu par la France, l’Allemagne et les États-Unis, mais pas par l’Espagne, la Grèce, la Russie ou la Roumanie.

L’obligation pour les minorités serbes habitant le Kosovo d’arborer désormais des plaques d’immatriculation kosovares sous peine d’amendes a déclenché bien des remous ces derniers mois. Sous la pression de l’Union européenne, un accord est survenu entre Belgrade et Pristina : acceptation des plaques d’immatriculation par la Serbie contre abandon des poursuites contre les contrevenants serbes du Kosovo.

C’était sans compter les ambitions du nouveau Premier ministre du Kosovo, M. Albin Kurti, un homme étranger aux réseaux des anciens combattants de la « guerre de libération » menée par l’UCK contre les forces serbes. Au nom de l’État de droit kosovar, il a multiplié les nouvelles normes comme celle qui exige la rédaction en albanais des étiquettes de vin largement destinée pourtant à l’exportation. C’est à ce titre que la police fiscale du Kosovo est apparemment venue saisir le 8 décembre pas moins de 40 000 litres de vin appartenant à la famille Petrovic, dans le charmant village de Velika Hoca, au sud du Kosovo. Un incident suffisamment significatif pour que le Président serbe, M. Alexandre Vucic décroche son téléphone pour apporter son soutien à la famille spoliée. Par chance, notre équipe de journalistes se trouvait à proximité et a pu filmer les évènements.

Autre incident, le saccage d’un bureau pré-électoral de la zone de Mitrovica, au nord du Kosovo. Les deux camps se rejettent la balle, accusant l’autre du …

Jérôme Besnard

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Commentaires

Philippe Châtenet

Il y a 1 ans

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Rien n'a changé.... Je me suis rendu sur place (dans un cadre Onusien/OSCE), pendant plusieurs mois, en 1999/2000 et la situation chaotique de l'époque est la même qu'aujourd'hui, malgré les milliards d'Euros injectés dans ce "pays" par l'EU et l'ONU. C'est désespérant et très éclairant à la fois !

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