Politique

La réussite du Salon de l’Agriculture n’efface pas les inquiétudes de la profession

Le Salon international de l’Agriculture s’est terminé le dimanche 5 mars 2023 à Paris. Ses organisateurs sont satisfaits. Avec 615 000 visiteurs, cette manifestation a retrouvé sa dynamique antérieure à la pandémie de COVID 19. Samedi 4 mars, le salon a même dû fermer ses portes à 16h30 en raison de la trop forte affluence dans les allées du parc des expositions de la porte de Versailles. Seul point négatif de ces dix jours, la trop forte alcoolisation des jeunes adultes, un phénomène probablement lié aux conséquences des confinements sur les modes de consommation de boissons alcoolisées.

Concernant les visites de personnalités politiques, outre le marathon inaugural du Président de la République, solidement encadré par ses gardes du corps et qui a dû faire face à des activistes climatiques et des opposants à la réforme des retraites, on notera surtout les deux jours de visites du nouveau président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a pu constater sa réelle popularité au fil des stands et des allées. D’autant plus que la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, n’a pu cette année être présente en raison d’une blessure au genou.

Multiplication des crises sectorielles

Le succès du Salon de l’Agriculture ne doit pas occulter les inquiétudes des agriculteurs. Les betteraviers n’ont toujours pas digéré l’interdiction des insecticides par le gouvernement sous la pression des autorités européennes. Les viticulteurs du Bordelais (et d’autres régions) affrontent une grave crise de surproduction. Une partie de la production sera distillée à des fins cosmétiques. Des arrachages de vignes sont également à prévoir. Les éleveurs du Cantal luttent contre les dégâts causés par les rats taupiers dans les prairies. La sécheresse menace dans de nombreuses régions ce qui n’empêche pas des militants écologistes radicaux de saboter des bassines d’irrigation. La grippe aviaire continue de frapper les élevages de volailles dans l’attente d’un vaccin efficace. Ajoutez-y la hausse du prix des engrais en raison de la guerre en Ukraine et vous aurez un cocktail détonnant. 

Ces nombreuses crises sectorielles s’inscrivent dans un contexte général tendu pour le monde agricole qui peine à susciter de nouvelles vocations professionnelles, ce qui complique la transmission des exploitations alors que de très nombreux paysans vont arriver à l’âge de la retraite dans les années à venir. Autant de défis à relever ces prochains mois pour le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau (Modem) qui aura fort à faire pour rassurer les organisations syndicales.

Jérôme Besnard

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