Politique

La recherche française face au défi des coupes de l’État

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« Dix milliards d’euros en moins sur les dépenses de l’État. » C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, dimanche 18 février, sur le plateau du JT de TF1. Une annonce, deux mois après le vote de la loi de finances 2024. Tous les ministères sont concernés : Travail, Éducation, Culture, mais aussi la Recherche.
 
Ce mercredi 21 février, un décret d’annulation a été signé pour matérialiser concrètement l’annonce de Bercy. Il n’a, cependant, pas été voté par le Parlement. En effet, le gouvernement peut prendre cette décision seule en vertu de la loi organique relative aux lois de finance (LOLF). Matignon est autorisé à modifier les dépenses d’une loi de finance, mais seulement à hauteur de 1,5% des « crédits ouverts », c’est-à-dire des dépenses déjà votées dans la loi.
 
Parmi les milliards d’euros économisés, le ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur se voit retiré presque un milliard d’euros, soit plus de 5% de son budget global. Son programme phare, le P172, qui est consacré à la recherche scientifique et technologique, est vivement impacté. 383 millions d’euros en moins contre 324 millions de hausses votés en décembre 2023. Soit une baisse annuelle de 59 millions d’euros. Une perte de fonds majeure pour les chercheurs.
 

La France, en 9ᵉ position du rayonnement scientifique mondial

 
Le syndicat Sup’Recherche-UNSA, représentant les enseignants-chercheurs, réagit dans un communiqué : « Cette coupe budgétaire est une gifle et une trahison pour ceux qui œuvrent au quotidien pour le progrès de la science et de l’éducation en France. » Il fait également part de sa surprise quant au changement de trajectoire choisi par Emmanuel Macron. Le 7 décembre dernier, le président français annonçait devant un parterre de 300 chercheurs le déblocage « d'un milliard d'euros issus de France 2030 […] pour rester les meilleurs dans tous les domaines. »
 
Le projet France 2030 est un plan d'investissement de 54 milliards d’euros sur cinq ans. Chaque …

Laura Renoncourt

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Commentaires

serge Bénaben

Il y a 1 mois

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0

je confirme

philippe paternot

Il y a 1 mois

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0

s'ils avaient coupé dans les ministères qui ne servent à rien, mais ils préfèrent ététer la recherche, la déconstruction (destruction) de la france est en marche

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