Politique

La haute fonction publique à l’heure des réformes

 
L’État peine à recruter : à l’heure actuelle, 50 000 postes sont à pourvoir dans la seule fonction publique d’État. Ce constat, le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guérini, le connaît et souhaite y remédier. Il présentait ce mercredi 23 novembre un projet de décret visant à réformer la rémunération des hauts fonctionnaires. En substance, il s’agit de « donner les moyens de décloisonner les carrières, susciter les mobilités, renforcer l’ambition de la formation initiale et continue », explique le ministre dans un entretien donné au Figaro. Comment ? « En supprimant le classement de sortie de l’INSP [le successeur de l’ENA, NDLR], en proposant des rémunérations qui encouragent la prise de responsabilités et la performance, en renforçant considérablement nos moyens RH », apprend-on. Le projet de décret est notamment une réponse au recours massif à l’externalisation du recrutement, ainsi qu’au manque d’un service de ressources humaines cohérent, voir quasi inexistant jusqu’il y a peu. 
 
Une rémunération « compétitive » 

 Deux grands sujets sont à l’honneur : la rémunération et la fin des classements. La modification des rémunérations devrait se déployer selon une grille unique, au lieu des 15 qui existent aujourd’hui qui la prévoit « compétitive », ainsi qu’un système de prime à la performance. Ces primes pourront s’élever jusqu’à 30 % de la rémunération indemnitaire des agents. Concernant la fin des classements à l’INSP, Stanislas Guérini le voit comme une double occasion de « lutter contre les déterminismes » et de miser davantage sur la formation des cadres. 
 
Lorsque que le texte sera entré en vigueur, « un peu moins de 6000 fonctionnaires » verront leurs règles de rémunération évoluer, relaie La Dépêche. Après la publication au Journal Officiel, les textes pourront entrer en application dès le 1er janvier 2023. L’objectif est de pouvoir, à terme, déployer ces nouveaux procédés à l’ensemble des 5,7 millions d’agents publics. À cet égard, l’hôpital et dans les collectivités territoriales sont les prochaines cibles du gouvernement. 

Mayeul Chemilly

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Commentaires

Rose-Marie Bielawsky

Il y a 1 ans

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Tout pour les fonctionnaires ""retraite les 6 derniers mois" privé "les 25 dernières années"ou est la justice ?

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