Politique

Gabriel Attal, dernière cartouche d’Emmanuel Macron

Pur produit de la bourgeoisie parisienne, venu à la politique dans le sillage de Dominique Strauss-Kahn à la veille de l’élection présidentielle de 2012, Gabriel Attal fut conseiller ministériel de Marisol Touraine avant de rallier Emmanuel Macron est d’être élu député des Hauts-de-Seine. Au plan personnel, il révélé avoir pour conjoint Stéphane Séjourné, député européen et proche conseiller d’Emmanuel Macron. Ce dernier fait le pari que Gabriel Attal séduira la droite libérale sans s’aliéner la bourgeoisie socialiste et sera une arme de communication utile face à la séduction exercée par l’étoile montante de la droite nationale, Jordan Bardella, âgé lui de 28 ans.

Incarner médiatiquement l’ordre et l’autorité, sans offrir le visage sarkozyste de Gérald Darmanin, suffira-t-il à inverser la spirale descendante du macronisme d’ici les élections européennes du mois de juin prochain ? Rien n’est moins sûr, le nouveau Premier ministre semblant peu à même de porter des messages forts dans la France périphérique confrontée à la disparition des services publics et à l’absence d’aménagement du territoire. 

Parier sur l'accélération de l'Histoire


Nous assistons très probablement ici au tir de la dernière cartouche d’Emmanuel Macron susceptible, dans l’absolu, de l’aider à reprendre la main dans l’optique de terminer sans trop de casse son second quinquennat et de préserver l’avenir. En nommant un Premier ministre aussi jeune, il fait le pari de l’accélération de l’Histoire qui lui avait porté chance en 2017. Mais l’artifice prendra-t-il une nouvelle fois ? La poudre n’est-elle pas définitivement mouillé par l’échec socio-économique du néo-libéralisme dans notre pays ? Rien n’est moins sûr.

Tout ambitieux qu’il fut, Gabriel Attal, très apprécié de Brigitte Macron, souffrira probablement de la séquence qui s’ouvre à lui, tant le pays est clivé, divisé et inquiet. Mais le poste de Premier ministre ne se refuse pas en France. Une fonction qui depuis la réforme du quinquennat à l’orée du siècle actuel n’est plus celle d’être le fusible politique en charge de la gestion interne des affaires de la France, mais bien celle de collaborateur de luxe du Président de la République. 

Jérôme Besnard

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