Économie

Agriculteurs : le gouvernement va-t-il céder à leurs revendications ?

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Il est 14h45, hier mardi,  quand la présidente de la Coordination rurale sort d’un pas décidé du ministère de l’Agriculture, rue de Varenne, à la tête de sa petite délégation syndicale. Après avoir rencontré le ministre Marc Fesneau, cette éleveuse originaire du Finistère a ensuite rendez-vous à 17h à Matignon pour rencontre le nouveau premier ministre Gabriel Attal. Les entretiens seront cordiaux : le gouvernement sait que la situation est explosive et entend déminer la contestation.

Le message de la Coordination rurale 


L’un des mérites de cette crise est de rendre visible la pluralité syndicale du monde agricole. Opposée à la puissante FNSEA, la Coordination rurale obtient depuis des années d’excellents scores lors des élections aux Chambres d’agriculture : 20 à 25 % des suffrages. Elle s’est créée en 1992 pour structurer la forte opposition à la réforme de la Politique agricole commune (PAC) liée à l’adoption du traité de Maastricht. Elle fonde sa vision de l’agriculture sur la rémunération de la production des exploitations et non, comme le fait la FNSEA, sur l’imbrication du monde agricole avec le secteur agro-alimentaire et la financiarisation de la profession. « On ne veut pas d’état généraux de l’agriculture, on veut des actes », martelait hier soir Paul Mougenot, élu CR de l’Aisne, sur le plateau de BFM. 

L’enjeu politique de la colère agricole


A quelques mois des élections européennes, la grogne des agriculteurs se concentre sur les décisions prises à Bruxelles. Le lobby écologiste a pris un poids très important au sein des institutions européennes. De plus, l’agriculture sert de variable d’ajustement aux accords de libre-échange négociés par l’Union européenne avec d’autres puissances mondiales. La PAC, imposée par la France du général de Gaulle comme pilier essentiel de la CEE, dans une volonté de développement économique de la ruralité et de souveraineté alimentaire, devient le moyen de sur-administrer une profession en lui imposant des normes toujours …

Jérôme Besnard

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