La Coordination rurale considère que l’avenir du monde agricole ne paraît pas être l’une des priorités du gouvernement centriste de François Bayrou. Reconduite comme ministre de l’Agriculture, Annie Genevard (LR) ne fait pas l’unanimité chez les représentants des paysans, d’autant qu’elle vient professionnellement du monde enseignant. La CR réclame donc un rendez-vous à François Bayrou lui-même pour exprimer ses revendications de vive voix.
Pour comprendre le timing de la CR, il faut aussi prendre en compte que du 15 au 31 janvier se déroulent les élections aux Chambres départementales et régionales d’agriculture, la représentation professionnelle du monde agricole. Et le syndicat contestataire espère bien se saisir de l’occasion pour tailler des croupières à la FNSEA, mis en cause par une partie de la paysannerie pour sa cogestion institutionnelle avec le pouvoir. « Cela bouge chez les Jeunes Agriculteurs, les alliés traditionnels de la FNSEA », explique un spécialiste de la question. Autrement dit : les JA pourraient voter pour la CR dans certains départements, ce qui serait une petite révolution.
La Coordination rurale souhaite élever le débat
Outre la contestation plus ou musclée, la Coordination rurale veut élever le débat en publiant ce 2 janvier un livre coécrit avec le philosophe Michel Onfray, lui-même fils d’ouvrier agricole. Une publication qui intéresse la grande presse. Le livre, très didactique, ouvre des perspectives historiques, économiques et géopolitiques très intéressantes. Du côté e Michel Onfray, l’analyse est simple : pour répondre à la crise du monde agricole, il faut renvoyer dos à dos marxisme et libre-échangisme, Mélenchon et Macron. Véronique Le Floc’h, pour sa part, refuse de voir disparaître le sens de la production agricole au profit d’une financiarisation et d’une coopération devenue folle et insiste sur le fait que les paysans français souhaitent avant tout de « rester maîtres de leurs fermes ».
A lire : Michel Onfray et Véronique Le Floc’h, Entendez-vous dans nos campagnes, éd. du Plénitre, 192 p., 12,90 euros.





