En participant au troisième sommet Russie-Afrique, les 28 et 29 octobre, Félix Tshisekedi a défendu la diversification des partenariats de la RDC. Il a également demandé à Moscou de soutenir les résolutions de l’ONU sur la guerre dans l’Est.
La visite avait une portée qui dépassait le protocole. Arrivé à Moscou le 27 octobre, le président congolais a pris part au troisième sommet Russie-Afrique, après ceux de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023. Face à Vladimir Poutine, il a présenté le rapprochement avec la Russie comme un moyen de préserver la liberté de décision de Kinshasa. « Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré, selon les éléments de son intervention rapportés par la presse congolaise le 30 octobre. Derrière cette formule, un enjeu immédiat : obtenir des soutiens diplomatiques alors que l’Est du pays demeure en proie aux combats.
Moscou sollicitée sur les résolutions de l’ONU
Le point le plus concret du discours concerne le conflit dans l’Est. Le 29 octobre, Félix Tshisekedi a appelé la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, à soutenir l’application des résolutions 2773 et 2808. Il a notamment cité la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et celui des forces rwandaises du territoire congolais. « J’appelle donc la Russie, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, à soutenir pleinement leur application et les efforts de médiation », a-t-il déclaré.
Un partenariat à convertir en résultats
À Moscou, trois accords ont été annoncés dans les domaines de la santé publique, des échanges économiques, scientifiques et techniques, ainsi que de la formation professionnelle des jeunes via le programme Alabuga Start. Leur contenu détaillé et leurs modalités d’application n’étaient pas rendus publics.
Le contexte international donne à cette démarche une portée particulière. Près de cinquante pays africains ont participé au sommet, dont une vingtaine représentée par leurs dirigeants. Vladimir Poutine a défendu un ordre multipolaire et rappelé que les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique avaient dépassé 27 milliards de dollars en 2025. Moscou cherche à renforcer son influence sur un continent où Washington, Pékin et les Européens défendent eux aussi leurs intérêts.
Pour Kinshasa, l’équilibre est délicat. La RDC a aussi renforcé son partenariat stratégique avec Washington, notamment autour des minerais critiques. Reste à savoir si Moscou pèsera sur le dossier sécuritaire et si les accords annoncés déboucheront sur des projets concrets.





