L’un des six Français arrêtés à bord du navire humanitaire Madleen, saisi par Israël alors qu’il tentait de briser le blocus de Gaza, a accepté son expulsion immédiate.
Les cinq autres passagers français, dont l’eurodéputée LFI Rima Hassan, devront comparaître devant un juge israélien dans les prochains jours. La militante écologiste Greta Thunberg, elle, a été libérée et se trouve à bord d’un avion pour la France.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé mardi matin que l’un des ressortissants avait signé un formulaire autorisant son renvoi sans attendre la décision judiciaire. Aucune précision n’a été donnée sur son identité. Emmanuel Macron, de son côté, a dénoncé un « blocus humanitaire scandaleux » et appelé à la « protection de nos ressortissants ». L’Élysée tente de ménager un équilibre délicat entre engagement humanitaire et respect des procédures israéliennes.
L’embarcation Madleen faisait partie de la « flottille de la liberté », initiative récurrente et très médiatisée visant à livrer de l’aide à Gaza malgré l’interdiction israélienne. Cette opération est en partie orchestrée par Zaher Birawi, un journaliste palestino-britannique accusé par Israël de liens étroits avec le Hamas. Bien qu’aucune preuve formelle ne relie Birawi aux attaques du 7 octobre 2023, Tel Aviv le considère comme un agent d’influence du mouvement islamiste. Birawi, lui, nie toute implication terroriste.
La diplomatie française reste active sur le dossier. Le Quai d’Orsay a confirmé que ses agents consulaires avaient pu visiter les militants arrêtés dans la nuit et informer leurs proches. En parallèle, la pression politique monte en France, où des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées lundi pour exiger la libération des passagers et dénoncer le blocus de Gaza.
Israël, de son côté, maintient que l’arraisonnement du Madleen est une mesure de sécurité. Mais la gestion de cette affaire s’ajoute aux tensions grandissantes entre Paris et Tel Aviv, notamment depuis que des voix, au sein de la majorité présidentielle, plaident pour la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien.





