Ursula von der Leyen surfe sur les océans pour mieux noyer ses échecs

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Venue à Nice en grande pompe pour présenter le Pacte européen pour l’océan, Ursula von der Leyen a voulu faire croire à un tournant historique dans la gouvernance maritime mondiale.

En réalité, ce texte, aussi creux qu’ambitieux en apparence, n’est qu’un nouveau coup de communication dans une longue série de promesses européennes qui peinent à se concrétiser. À quelques mois de la fin de son mandat, la présidente de la Commission tente de se forger un héritage en capitalisant sur des enjeux consensuels, tout en évitant soigneusement les sujets qui fâchent.

La stratégie océanique européenne, adoptée le 5 juin, se présente comme une réponse globale à la crise environnementale des mers et des littoraux. Mais derrière les formules bien huilées et les engagements symboliques se cache une réalité moins flatteuse : l’Europe maritime est à la dérive. Tandis que 60 % des aires marines protégées européennes sont toujours exploitées par le chalutage de fond, Bruxelles préfère brandir des gadgets numériques comme des « jumeaux océaniques » ou une flotte de drones européens. Pendant ce temps, les ONG alertent sur l’inefficacité des dispositifs actuels et l’absence de mesures contraignantes pour enrayer la surexploitation des ressources.

Le milliard d’euros promis pour 50 projets à travers le monde est dérisoire face aux enjeux titanesques du dérèglement climatique et de la pollution marine. Quant à la promesse d’une stratégie portuaire ou industrielle, elle bute déjà sur les lourdeurs administratives de l’Union, incapable de réviser des règlements obsolètes sur la taille des navires, pourtant nécessaires à la transition énergétique du secteur. Même les eurodéputés de sa majorité, comme Christophe Clergeau, peinent à cacher leur frustration devant le manque de précision et de moyens concrets.

Ce Pacte, censé incarner le leadership mondial de l’UE, illustre surtout l’incapacité de la Commission à transformer ses discours en actes. Sous couvert d’unité, Bruxelles peine à faire travailler ensemble les États membres sur des politiques maritimes cohérentes. Et face au désengagement américain sur les questions océaniques, l’UE n’a toujours pas pris la mesure de l’opportunité qui s’offre à elle. En multipliant les promesses sans contraintes, Ursula von der Leyen s’expose à voir son Pacte finir comme tant d’autres projets européens : oublié dans les fonds marins de la bureaucratie bruxelloise.

Ce dernier coup d’éclat à Nice ressemble fort à une manœuvre électorale à peine déguisée, destinée à redorer une image affaiblie par des crises à répétition. En prétendant sauver les océans, la présidente de la Commission cherche surtout à sauver son bilan. Mais même les plus beaux discours ne font pas oublier que la réalité, elle, reste à marée basse.

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