Alors qu’Emmanuel Macron relance l’idée d’une reconnaissance de l’État palestinien dès juin, la réponse israélienne est sans équivoque : un refus sec et brutal, dicté non seulement par la droite dure au pouvoir, mais surtout par l’extrême droite messianique qui tient Benjamin Netanyahou en otage politique
C’est cette frange radicale du gouvernement, minoritaire en nombre mais redoutablement puissante, qui verrouille toute perspective de négociation.
Ministres ultras comme Bezalel Smotrich – artisan de l’annonce récente de 22 nouvelles colonies en Cisjordanie – menacent ouvertement de faire tomber le gouvernement si Netanyahou esquisse le moindre geste d’ouverture. Une instabilité savamment entretenue pour imposer une stratégie de colonisation tous azimuts et d’annexion rampante, au mépris du droit international.
En coulisses, le chantage est explicite : pas de soumission à leurs exigences, pas de majorité parlementaire, et un risque réel pour Netanyahou de finir devant les tribunaux. C’est cette pression constante qui empêche tout dialogue, non seulement avec le Hamas – unanimement rejeté par la classe politique israélienne – mais aussi avec l’Autorité palestinienne, pourtant interlocuteur légitime dans le cadre d’un processus de paix.
La France, de son côté, tente de peser avec une conférence prévue en juin sous l’égide de l’ONU et coorganisée avec l’Arabie saoudite. Mais sur le terrain, les « faits accomplis » se multiplient : plus de 500 000 colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie, au milieu de trois millions de Palestiniens, dans ce qui ressemble chaque jour davantage à une politique de grignotage territorial permanent.
À moins d’un bouleversement politique majeur lors des prochaines législatives israéliennes prévues pour octobre 2026, la perspective d’un État palestinien viable semble s’éloigner inexorablement.





