Le groupe État islamique a revendiqué jeudi sa première attaque contre les nouvelles forces gouvernementales syriennes depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024.
L’information a été confirmée par l’ONG Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et par le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans le suivi des organisations jihadistes.
Selon le communiqué publié par l’EI et relayé par SITE, un dispositif explosif aurait été déclenché à distance contre un véhicule de l’armée syrienne dans la province méridionale de Sweida. L’explosion a fait un mort et trois blessés parmi les membres de la 70e division de l’armée, selon l’OSDH. L’homme tué n’était pas militaire mais accompagnait les troupes dans une zone désertique connue pour son insécurité.
Alors que les nouvelles autorités islamistes au pouvoir à Damas peinent à stabiliser le pays, cette attaque marque un tournant inquiétant. Elle intervient quelques jours après l’arrestation par les forces syriennes d’une cellule de l’EI lourdement armée dans la Ghouta occidentale, en périphérie de la capitale. Des armes lourdes, des ceintures explosives et des lance-missiles antichars avaient été saisis. Dix jours plus tôt, une autre opération similaire avait eu lieu à Alep, coûtant la vie à trois jihadistes et un agent de sécurité.
Si le groupe État islamique avait été défait territorialement en 2019, il conserve des cellules actives, en particulier dans les zones rurales et désertiques du sud et dans le nord-est du pays. La résurgence de ses opérations contre le régime intérimaire d’Ahmad al-Chareh fait craindre une nouvelle phase d’instabilité.
Donald Trump, revenu au pouvoir, a exhorté ce mois-ci le nouveau président syrien à collaborer avec Washington pour « empêcher toute résurgence de Daech ». L’administration américaine, tout en saluant la fin du régime Assad, redoute une nouvelle montée en puissance des groupes jihadistes dans le chaos syrien.





