La pression internationale s’intensifie contre le gouvernement israélien. Emmanuel Macron, Keir Starmer et Mark Carney ont lancé lundi un avertissement ferme à Benyamin Netanyahou : s’il ne met pas fin à son offensive militaire à Gaza et ne débloque pas immédiatement l’aide humanitaire, des « mesures concrètes » seront prises. Une posture inédite depuis le début du conflit, qui marque un tournant diplomatique majeur.
Dans une déclaration conjointe, les dirigeants français, britannique et canadien dénoncent des « actions scandaleuses » et une escalade « totalement disproportionnée » dans la bande de Gaza, où les bombardements ont déjà fait des dizaines de milliers de victimes, en majorité des femmes et des enfants selon les ONG. Ils jugent « insuffisante » l’ouverture partielle de corridors humanitaires et exigent l’entrée immédiate de l’aide sans restrictions.
Mais la pression ne s’arrête pas là. Paris, Londres et Ottawa annoncent clairement leur intention de reconnaître un État palestinien, dans l’objectif affiché d’imposer une solution à deux États. La conférence du 18 juin aux Nations unies, coorganisée par la France et l’Arabie saoudite, est présentée comme l’étape déterminante de cette stratégie. Les trois capitales promettent d’y travailler « avec l’Autorité palestinienne, les partenaires régionaux, Israël et les États-Unis ».
Les dirigeants occidentaux pointent également du doigt les discours « odieux » tenus par des membres du gouvernement israélien, ainsi que la menace de déplacements forcés de civils palestiniens, qualifiée de ligne rouge humanitaire. Ils exigent la fin immédiate des colonisations illégales qui compromettent toute solution politique durable.
En réaction, Benyamin Netanyahou a dénoncé une déclaration « scandaleuse » et une « immense récompense pour le Hamas ». Selon lui, l’exigence de cesser une guerre « défensive » revient à encourager de nouvelles attaques comme celle du 7 octobre 2023. Le Premier ministre israélien campe sur ses positions et réaffirme son intention de « prendre le contrôle de toute la bande de Gaza ».
Cette tension croissante entre Israël et plusieurs de ses alliés historiques marque un isolement diplomatique croissant de l’État hébreu. La suite dépendra de l’évolution sur le terrain, mais aussi de l’impact de la conférence de New York, qui pourrait redessiner les équilibres stratégiques au Moyen-Orient.





