Le procès de Jair Bolsonaro, accusé de tentative de coup d’État, s’est ouvert cette semaine à Brasilia avec des témoignages accablants. L’ancien président brésilien, qui nie farouchement toute velléité putschiste, est soupçonné d’avoir planifié, dès avant sa défaite à la présidentielle de 2022, un complot visant à se maintenir illégalement au pouvoir.
Premier coup de théâtre : le général Marco Antonio Freire Gomes, ex-commandant de l’armée de terre, a confirmé avoir assisté à une réunion, le 7 décembre 2022, avec Bolsonaro, au cours de laquelle a été discutée l’éventualité d’un décret d’« état de siège » pour invalider les résultats du scrutin. Le général a reconnu avoir mis en garde l’ex-président contre les conséquences judiciaires d’un tel acte, contredisant en partie les versions policières, mais confirmant l’existence des discussions.
Ce témoignage renforce les soupçons du parquet, qui accuse Bolsonaro et sept de ses proches — dont quatre anciens ministres et un ex-chef des renseignements — d’avoir formé un « noyau crucial » autour d’un plan de coup d’État, documenté dans un rapport de la Police fédérale de près de 900 pages. Le dossier évoque non seulement l’élaboration d’un décret autoritaire, mais également des projets d’assassinat ciblé, notamment contre Luiz Inacio Lula da Silva.
Le procès, présidé par le juge Alexandre de Moraes – que Bolsonaro qualifie de « dictateur » – est suivi de près par tout le pays. L’ancien chef d’État, 70 ans, a assisté en visioconférence vêtu d’un t-shirt jaune, couleur des manifestations pro-Bolsonaro. Il continue à dénoncer une « persécution politique » et qualifie l’affaire de « scénario de telenovela ».
Bolsonaro encourt jusqu’à 40 ans de prison. Selon ses propres mots, une condamnation équivaudrait à « une peine de mort physique et politique ». Il espère encore faire annuler son inéligibilité pour briguer un nouveau mandat présidentiel en 2026, probablement face à Lula une fois encore.
Le procès, qui devrait durer plusieurs mois, entre maintenant dans une phase déterminante avec l’audition des autres accusés. La décision finale reviendra aux cinq magistrats de la première chambre de la Cour suprême, dont le juge Moraes. La tension politique au Brésil est à son comble.





