Grand Prix de F1 au Rwanda : derrière la vitrine, les droits humains

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Annoncé pour le début des années 2030, le retour de la Formule 1 en Afrique se fera au Rwanda. Une satisfaction pour Lewis Hamilton, champion du monde de la discipline, qui milite depuis plusieurs années pour le retour de la F1 en Afrique, sans pour autant occulter les tensions politiques au Rwanda ni la guerre dans l’est de la RDC.

Le 13 octobre, la Formule 1 a annoncé un accord de dix ans avec le Rwanda pour y organiser un Grand Prix au début des années 2030. Le circuit doit être construit à Bugesera, à 40 kilomètres de Kigali. L’Afrique n’a plus accueilli de course depuis le Grand Prix d’Afrique du Sud de 1993. Présenté par Kigali comme un investissement d’avenir, le projet suscite le débat. En cause : la situation des droits humains au Rwanda et son rôle dans le conflit à l’est de la RDC.

Un retour attendu, un choix contesté

Lewis Hamilton, septuple champion du monde, milite depuis plusieurs années pour le retour de la Formule 1 en Afrique. À Austin, le 22 octobre, il a appelé à aborder le sujet « avec humilité ». Selon les comptes rendus de ses déclarations, il a également rappelé qu’organiser une course au Rwanda ne devait pas faire oublier la situation du pays, appelant notamment à la « libération du Congo, du Soudan, de la Syrie et de la Palestine ». De son côté, le président de la F1, Stefano Domenicali, assure que ce retour se fera « de la bonne manière », avec « la bonne vision et les bons partenaires ».

Le conflit en RDC dans le débat

Le 16 octobre, Human Rights Watch a mis en garde contre les risques de « sportswashing », une pratique qui consiste à instrumentaliser un événement sportif pour redorer l’image d’un pouvoir. L’ONG dénonce notamment les détentions arbitraires, la torture, les disparitions forcées et les pressions exercées sur les médias rwandais. Elle pointe également du doigt les accusations de soutien de Kigali au M23, actif dans l’est de la RDC, que les autorités rwandaises continuent de contester.

L’ONG appelle la Formule 1 à s’assurer du respect des droits humains dans la réalisation du projet, à consulter la société civile et à intégrer à l’accord des engagements concrets pour protéger les journalistes et les travailleurs.

Une prise de position également défendue par Amnesty International.

Un investissement dont les garanties restent à préciser

Kigali présente le Grand Prix comme une vitrine destinée à promouvoir le tourisme et à attirer les investissements. Le projet prévoit un circuit d’environ six kilomètres. Son coût, qui n’a pas été officiellement communiqué, est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Un montant qui soulève des questions sur les priorités budgétaires du pays.

Si ce retour de la F1 peut offrir une visibilité accrue au continent africain, la crédibilité de l’événement dépendra avant tout de la réponse des organisateurs aux préoccupations liées au respect des droits humains au Rwanda et à la guerre dans l’est de la RDC.

Valentin Huard

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