Congo : Kinshasa ne veut plus que le Rwanda utilise les FDLR pour justifier sa présence

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La République démocratique du Congo hausse le ton à l’ONU. Devant l’Assemblée générale, la Première ministre Judith Suminwa a affirmé que la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda ne pouvait plus servir à justifier le maintien de forces étrangères sur le territoire congolais. Une déclaration directement adressée à Kigali, dans un conflit où les accusations réciproques restent au cœur des tensions régionales.

Kinshasa affirme avoir commencé à remplir ses propres engagements concernant les FDLR. Un protocole signé le 30 mai prévoit le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants du mouvement en vue de leur rapatriement ou de leur relocalisation. Le gouvernement congolais indique également que 120 personnes associées aux FDLR ont été rapatriées le 8 septembre avec l’aide de la MONUSCO.

Cette question constitue depuis longtemps l’un des principaux arguments sécuritaires avancés par Kigali. Le Rwanda présente les FDLR, mouvement créé notamment par des responsables et combattants hutus ayant fui après le génocide de 1994, comme une menace pour sa sécurité. Kinshasa considère désormais que les mesures engagées doivent entraîner en retour la levée des dispositifs militaires rwandais qu’il dénonce sur son territoire.

Le gouvernement congolais réclame surtout l’application des textes déjà négociés. « Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a déclaré Judith Suminwa. Elle a cité l’accord de Washington conclu en juin 2025, le processus de Doha et la feuille de route de l’Union africaine.

Le dossier reste cependant contesté par Kigali. Les deux pays divergent notamment sur les modalités de neutralisation des FDLR et sur ce que Kinshasa présente comme le nécessaire retrait des forces rwandaises. Les mécanismes de suivi prévoient de nouvelles étapes de vérification et de coordination entre la RDC et le Rwanda.

Derrière cette confrontation se joue également une bataille pour la souveraineté congolaise dans une région extrêmement riche en minerais stratégiques. À la même tribune, Kinshasa a rappelé son intention de ne plus rester uniquement un fournisseur de matières premières et de renforcer son contrôle sur les ressources qui occupent une place croissante dans la compétition économique mondiale.

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