La RDC prépare un « guichet unique » pour accélérer les grands investissements miniers

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Kinshasa prépare une agence centralisée destinée à simplifier les procédures pour les grands projets miniers, dans le cadre du partenariat conclu avec les États–Unis sur les minerais critiques.

La République démocratique du Congo prépare une agence destinée à servir de « guichet unique » pour les principaux investissements miniers, selon plusieurs sources citées par Reuters. Le dispositif, piloté par les ministères des Finances et de l’Économie, doit regrouper plusieurs démarches aujourd’hui réparties entre différentes administrations.

L’agence envisagée centraliserait notamment l’enregistrement des entreprises, l’octroi des licences, les questions fiscales et les obligations de conformité pour les grands projets miniers. L’objectif affiché est de réduire des procédures d’autorisation qui peuvent actuellement prendre plusieurs mois.

Le projet n’est toutefois pas encore juridiquement achevé : le texte instituant la nouvelle structure doit encore être promulgué, selon une source gouvernementale citée par Reuters.

Un dispositif lié au rapprochement avec Washington

La création de cette structure intervient dans le cadre des réformes liées au partenariat stratégique conclu entre la RDC et les États–Unis le 4 décembre 2025. Cet accord porte notamment sur les minerais critiques, les infrastructures, l’énergie, la transformation industrielle et la gouvernance.

Washington cherche à renforcer ses approvisionnements en minerais stratégiques, tandis que Kinshasa affirme vouloir diversifier ses sources de financement et ses marchés d’exportation, sans présenter cette politique comme destinée à remplacer les investissements chinois.

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur de cuivre. Ces deux métaux sont essentiels à de nombreuses chaînes industrielles, notamment celles liées à la transition énergétique. Le secteur minier occupe ainsi une place centrale dans la stratégie de diversification économique de Kinshasa.

Le partenariat avec Washington s’est déjà traduit par un investissement minier soutenu par les États–Unis via Virtus Minerals et par une progression des ventes de cuivre congolais vers les marchés américain et européen, selon Reuters.

Kinshasa a également créé, le 11 septembre, une « DRC–USA Task Force » chargée d’accélérer la mise en œuvre du partenariat avec Washington. Le gouvernement congolais a indiqué que cette structure devait contribuer à transformer les engagements pris dans le cadre de cette coopération en « résultats économiques et sécuritaires concrets » pour la population.

Un guichet également ouvert aux investisseurs chinois

L’agence ne serait pas réservée aux entreprises américaines ou européennes. Selon les sources citées par Reuters, investisseurs chinois et autres investisseurs étrangers pourraient également utiliser ce dispositif.

Un responsable gouvernemental a précisé que la structure se concentrerait dans un premier temps sur des coentreprises représentant plus d’un milliard de dollars d’investissement et bénéficiant de régimes fiscaux particuliers. La Sicomines, coentreprise dans le cuivre et le cobalt associant la Gécamines à des intérêts chinois, a été citée comme exemple.

Pour Eric Ndeh, directeur international d’Afrewatch, organisation de la société civile spécialisée dans le secteur minier, « le guichet unique vise à mettre fin aux cloisonnements bureaucratiques qui compliquent depuis longtemps l’investissement minier au Congo ». Selon lui, l’agence pourrait être opérationnelle avant la fin de l’année.

Le gouvernement congolais affirme que sa volonté d’attirer davantage de capitaux occidentaux ne vise pas à remplacer les investissements chinois, mais à diversifier les sources de financement et les marchés d’exportation.

Joseph Fallicon

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