La République démocratique du Congo ne manque ni de cuivre ni de cobalt. Ce qui lui fait encore défaut, c’est une part plus importante de la chaîne industrielle qui transforme ces minerais en produits à plus forte valeur ajoutée. C’est autour de cette équation que doit se tenir, à Kinshasa, du 22 au 25 novembre, Makutano Mining, première édition du forum du réseau Makutano consacrée au secteur minier.
De la mine à l’industrie
Responsables publics, compagnies minières, investisseurs et institutions financières sont attendus pour débattre de transformation locale, d’énergie, de financement et d’infrastructures. Derrière l’ambition affichée d’« industrialiser » les pays producteurs se pose une question plus concrète : comment financer et alimenter en électricité les capacités industrielles nécessaires, tout en acheminant les minerais vers les marchés mondiaux ?
La question est particulièrement stratégique pour la RDC. En 2024, le pays était le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur mondial de cuivre. Mais l’extraction ne suffit pas à capter toute la valeur de ces ressources. Une partie se crée en aval, dans la transformation et le raffinage, tandis que l’accès à l’énergie, aux infrastructures et au financement conditionne la capacité à développer ces activités.
Le forum doit notamment consacrer une session au lien entre énergie et mines et une autre aux corridors de transport, dont celui de Lobito. Une « Deal Room » doit par ailleurs permettre aux entreprises, aux investisseurs et aux pouvoirs publics de discuter de projets et de partenariats.
Pour Nicole Sulu, fondatrice du réseau Makutano, « une mine ne se limite pas à un site d’extraction : c’est tout un écosystème économique ». Pour les pays producteurs africains, l’enjeu est désormais de réunir les infrastructures, l’énergie et les capitaux nécessaires pour développer ces activités en aval et capter une part plus importante de la valeur de leurs ressources.





