L’ancien ministre polonais Marcin Romanowski, recherché par la justice de son pays pour des soupçons de détournement de fonds publics, a confirmé se trouver actuellement aux États-Unis, relançant une affaire explosive qui accentue les tensions politiques en Pologne. Figure importante de l’ancien gouvernement national-conservateur du PiS, il est accusé d’avoir participé à des irrégularités financières liées à un fonds public destiné à l’aide aux victimes de crimes.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Tusk et de la coalition centriste pro-européenne, plusieurs anciens responsables conservateurs sont visés par des enquêtes judiciaires portant sur la gestion de l’État durant les années PiS. Les partisans de l’ancien pouvoir dénoncent toutefois une vaste opération de règlement de comptes politiques menée par les nouvelles autorités avec le soutien d’une partie de l’appareil judiciaire et des institutions européennes.
Marcin Romanowski affirme être victime d’une « persécution politique » orchestrée par le gouvernement de Donald Tusk. Selon lui, les poursuites engagées contre plusieurs anciens responsables souverainistes visent avant tout à éliminer durablement l’opposition conservatrice polonaise. Depuis plusieurs mois, le climat politique à Varsovie est marqué par une radicalisation croissante entre le camp national-conservateur et les nouvelles autorités soutenues par Bruxelles.
L’affaire rappelle celle de Zbigniew Ziobro, ancien ministre de la Justice du PiS, qui avait lui aussi quitté la Pologne après l’ouverture d’enquêtes pour abus de pouvoir et détournement de fonds avant d’obtenir l’asile politique en Hongrie auprès de Viktor Orbán. Plusieurs responsables conservateurs polonais accusent désormais ouvertement le gouvernement Tusk d’utiliser les institutions judiciaires pour mener une reprise en main idéologique du pays.
L’exécutif polonais défend au contraire une opération de « restauration de l’État de droit » après huit années de tensions entre Varsovie et l’Union européenne. Bruxelles avait régulièrement accusé les gouvernements conservateurs du PiS de remettre en cause l’indépendance de la justice et les principes démocratiques européens. Le retour au pouvoir de Donald Tusk a été largement salué par les institutions européennes, qui ont rapidement débloqué plusieurs milliards d’euros de fonds jusque-là gelés.
Le refuge américain de Marcin Romanowski pourrait désormais créer un nouvel épisode diplomatique sensible. L’administration Trump entretient des relations plus ambiguës avec les mouvements conservateurs européens que les précédentes administrations américaines, notamment avec plusieurs dirigeants nationalistes hostiles à Bruxelles. Dans une Europe centrale profondément divisée entre souverainistes et fédéralistes européens, cette affaire illustre une nouvelle fois la fracture politique grandissante autour des questions de justice, de souveraineté nationale et d’influence des institutions supranationales.





