Macron débloque plus d’un milliard au Kenya pour tenter de sauver l’influence française en Afrique

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Emmanuel Macron a annoncé lundi plus d’un milliard d’euros d’investissements et de financements destinés au Kenya, à l’occasion d’une nouvelle offensive diplomatique française sur le continent africain. Le chef de l’État cherche à renforcer la présence économique française dans l’une des puissances les plus dynamiques d’Afrique de l’Est, alors que Paris continue de perdre du terrain face à la Chine, aux pays du Golfe et à plusieurs acteurs asiatiques de plus en plus influents dans la région.

Ces investissements concernent principalement les infrastructures, l’énergie, les transports, l’eau et les projets liés à la transition énergétique. Plusieurs groupes français doivent participer à de nouveaux contrats au Kenya, notamment dans les secteurs ferroviaires, autoroutiers et électriques. Paris espère également renforcer sa coopération sécuritaire avec Nairobi dans une région fragilisée par la menace djihadiste et l’instabilité persistante dans la Corne de l’Afrique.

Le Kenya apparaît aujourd’hui comme un partenaire stratégique majeur pour les puissances étrangères cherchant à s’implanter durablement en Afrique de l’Est. Le pays bénéficie d’une croissance soutenue, d’un positionnement géographique central et d’importants projets logistiques connectant l’océan Indien aux marchés africains intérieurs. Depuis plusieurs années, Pékin y a massivement investi à travers les nouvelles routes de la soie, finançant ports, chemins de fer et infrastructures énergétiques. La France tente désormais de rééquilibrer sa présence économique dans une zone où son influence reste largement inférieure à celle de la Chine ou des États-Unis.

Cette séquence intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la diplomatie française en Afrique. Après les revers successifs enregistrés au Sahel, le retrait militaire français de plusieurs pays africains et la montée des sentiments anti-français dans certaines anciennes colonies, l’exécutif cherche à repositionner sa stratégie continentale autour du commerce, des investissements et des partenariats économiques plutôt que de l’approche strictement militaire qui dominait jusqu’ici.

L’Élysée insiste sur une relation « équilibrée » avec Nairobi fondée sur les investissements privés et le développement industriel. Emmanuel Macron continue de promouvoir une politique de réindustrialisation et d’expansion économique extérieure à travers des dispositifs comme « Choose France » et les grands plans d’investissements soutenus par l’État français.  Mais plusieurs observateurs rappellent que la concurrence internationale en Afrique est désormais extrêmement rude, notamment face à des acteurs capables de financer rapidement des projets massifs sans condition politique apparente.

Pour Nairobi, cette ouverture française constitue surtout une opportunité de diversification stratégique. Le Kenya cherche à multiplier les partenariats afin d’éviter une dépendance excessive envers Pékin ou Washington tout en accélérant sa modernisation économique. Dans cette nouvelle bataille d’influence mondiale sur le continent africain, les États africains tentent désormais de jouer les puissances concurrentes les unes contre les autres afin de défendre leurs propres intérêts souverains et d’obtenir davantage de marges de manœuvre économiques et diplomatiques.

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