Le Niger a annoncé la suspension d’une dizaine de médias français, accusés par les autorités militaires de « mettre en péril l’ordre public » et de diffuser des contenus jugés hostiles au régime issu du coup d’État de 2023. Cette nouvelle mesure marque une escalade supplémentaire dans la rupture entre Niamey et les médias occidentaux, particulièrement français, déjà fortement restreints depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani.
Selon les autorités nigériennes, plusieurs chaînes de télévision, radios et plateformes françaises auraient relayé des informations considérées comme « déstabilisatrices » dans le contexte sécuritaire actuel du Sahel. Le pouvoir militaire affirme vouloir protéger la souveraineté nationale et empêcher toute « campagne médiatique hostile » susceptible d’alimenter les tensions internes.
Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum, le Niger a progressivement réduit l’influence médiatique française sur son territoire. RFI et France 24 avaient déjà été suspendus dès août 2023, suivant une trajectoire similaire à celle du Mali et du Burkina Faso, eux aussi dirigés par des juntes militaires alliées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les autorités nigériennes reprochent aux médias français de présenter une image biaisée de la situation sécuritaire et politique du pays, notamment concernant la lutte contre les groupes jihadistes et les relations entre Niamey et Paris. Dans le discours officiel, ces médias seraient devenus des instruments d’influence étrangère visant à affaiblir le processus de « souveraineté retrouvée » revendiqué par la junte.
Cette politique de restriction médiatique suscite toutefois de vives critiques d’organisations de défense de la liberté de la presse. Reporters sans frontières estime que ces suspensions privent la population nigérienne d’un accès pluraliste à l’information et contribuent à un rétrécissement rapide de l’espace médiatique dans toute la région sahélienne.
Le climat médiatique au Niger s’est fortement durci ces derniers mois. Plusieurs journalistes locaux ont également été inquiétés ou suspendus, tandis que certaines chaînes nigériennes ont subi des sanctions administratives après des émissions critiques envers les autorités militaires.





