Alors que la transition énergétique accélère la demande en matières premières stratégiques, l’Afrique s’impose progressivement comme un acteur central du marché mondial du lithium. Selon plusieurs analyses, la demande pourrait exploser dans les prochaines décennies, avec un risque réel de pénuries dès la fin des années 2020 si les investissements ne suivent pas.
Dans ce contexte, le continent africain connaît une montée en puissance rapide. Dès 2025, il est devenu la principale source de nouvelle production mondiale, dépassant les autres régions. Une dynamique qui repositionne l’Afrique au cœur des enjeux industriels liés aux batteries et aux véhicules électriques, désormais essentiels dans la compétition économique mondiale.
Plusieurs pays entendent capitaliser sur cette opportunité. La République démocratique du Congo se prépare à entrer sur le marché avec le projet de Manono, l’un des plus importants gisements connus. Le Mali accélère également avec ses sites de Bougouni et Goulamina, tandis que le Ghana prévoit ses premières productions dans les prochaines années. Le Zimbabwe, déjà leader africain, cherche quant à lui à transformer localement ses ressources pour capter davantage de valeur.
Cette ruée vers le lithium s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Face à une demande appelée à atteindre des niveaux inédits d’ici 2050, les capacités actuelles apparaissent insuffisantes sans un effort massif d’investissement à l’échelle mondiale.
L’enjeu dépasse désormais la simple extraction. Il s’agit pour les pays africains de peser davantage dans la chaîne de valeur, en développant des industries locales plutôt que de rester de simples fournisseurs de matières premières. Une ambition qui pourrait rebattre les cartes économiques, à condition de surmonter les défis politiques, logistiques et sécuritaires encore présents sur le continent.





