L’Union européenne a franchi un seuil politique majeur en décidant de désigner les Gardiens de la Révolution iranienne comme une « organisation terroriste ».
Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres se sont accordés sur cette mesure, présentée comme une réponse directe à la répression sanglante menée par Téhéran contre les manifestations ayant secoué le pays ces dernières semaines.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a justifié ce choix en dénonçant un régime qui n’hésite pas à tirer sur son propre peuple. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a renchéri en affirmant que « terroriste » est le terme approprié pour qualifier un pouvoir qui écrase la contestation intérieure dans le sang. Bruxelles veut ainsi afficher une ligne de fermeté, au moment où la crise iranienne s’aggrave et où les arrestations massives se multiplient.
Cette décision place l’Union européenne dans le sillage des États-Unis, du Canada et de l’Australie, qui avaient déjà adopté une position similaire. Paris avait annoncé dès la veille être prêt à soutenir une telle initiative, en évoquant une répression qualifiée de « plus violente » de l’histoire récente de la République islamique. Pour l’UE, l’enjeu est aussi de montrer qu’elle peut agir sans attendre Washington, même si le timing s’inscrit clairement dans une dynamique occidentale coordonnée.
Dans la foulée, les Européens ont également validé une nouvelle salve de sanctions ciblées contre plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et des cadres des Gardiens de la Révolution. Au total, 21 individus et entités sont visés par des mesures comprenant une interdiction d’entrée dans l’UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire européen.
Cette escalade diplomatique marque une rupture supplémentaire entre Bruxelles et Téhéran, à un moment où l’Iran est déjà sous pression internationale croissante. En choisissant de frapper l’appareil sécuritaire au cœur, l’UE cherche à délégitimer politiquement les forces qui structurent le régime, tout en assumant un risque : celui d’une riposte iranienne sur les dossiers régionaux, énergétiques et migratoires où l’Europe demeure vulnérable.





